Cette pratique est lourde de conséquences
Plus de 400 000 rendez-vous médicaux manqués: le CMQ demande à Québec d'agir
Chaque mois, pas moins de 30 000 patients ne se présentent pas à leur rendez-vous médical au Québec, et ce nombre ne s'amenuise pas. Cette pratique est lourde de conséquences alors que des centaines de milliers de Québécois n'ont pas accès à un médecin de famille.
Dans une déclaration écrite publiée vendredi, le président du Collège des médecins du Québec (CMQ), Dr Mauril Gaudreault, gronde contre cette tendance qui prend de l'ampleur. «30 000! Ce nombre colossal est effarant, dénonce-t-il. Plus encore quand on sait que 1,4 million de Québécois n’ont pas de médecin de famille.» Il indique que par année cela représente 400 000 rendez-vous manqués sur les 18 millions planifiés.
Les patients qui ne se présentent pas à leur rendez-vous médical ont été surnommés les «no-show» (non-présentation). «Passer outre un rendez-vous ou un examen médical sans préavis, c’est monopoliser inutilement des ressources. C’est priver d’accès aux soins d’autres personnes dans le besoin. C’est affecter les listes d’attente. Et c’est potentiellement risqué pour les patients aux prises avec de sévères ennuis de santé», énumère le Dr Gaudreault.
Il estime qu'il est urgent de mettre en place un service d'annulation et de report des rendez-vous facile d'utilisation. Cette responsabilité incombe aux propriétaires des cliniques privées, mais elle revient au gouvernement dans les établissements publics, dit-il. Dr Gaudreault constate qu'il est facile de prévenir de tout imprévu en clinique, mais que cela est beaucoup plus compliqué en centre hospitalier.
«Un processus simple doit être mis en place dans tout le réseau public de santé afin que les patients puissent aisément et rapidement confirmer, annuler ou reporter leurs rendez-vous et examens médicaux, a-t-il déclaré. Nous interpellerons à nouveau les instances gouvernementales: le phénomène des ''no-show'' ne date pas d’hier et pourtant, il prend sans cesse de l’ampleur.»
Dr Gaudreault précise qu'une certaine responsabilité revient au patient. Il doit avoir le réflexe d'aviser d'un retard ou d'un empêchement au même titre que pour d'autres rendez-vous de la vie quotidienne.
Le président du CMQ fait également valoir que les «no show» touchent aussi les médecins spécialistes. En 2022, 25 % des coloscopies planifiées ont été annulées au dernier moment parce que les patients attendus ne s’y sont pas présentés, donne-t-il en exemple.
Évidemment, un patient qui ne se présente pas pour une urgence de dernière minute comme un accident de la route est justifiable. Cependant, Dr Gaudreault doute que les 30 000 rendez-vous manqués soient tous dus à de tels cas particuliers.
Le Collège des médecins prévoit de lancer au cours des prochaines semaines «une offensive sur ses plateformes de médias sociaux afin d’exposer aux patients les conséquences des ''no-show'' pour le réseau de la santé et des services sociaux».
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne
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