Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Institut de recherche et d'informations socioéconomiques

Les stagiaires devraient toucher un salaire pour leur travail, plaide l’IRIS

Les stagiaires devraient toucher un salaire pour leur travail, plaide l’IRIS
Photo: Canva
durée

Les stagiaires devraient être rémunérés pour leur travail, plaide l’Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS). Ce ne serait pas le cas pour la grande majorité des stages (84 %), selon son rapport publié jeudi. 

Pour l’organisme de réflexion de gauche, le stage n’est pas uniquement une activité d’apprentissage, mais également un travail. Les stagiaires devraient donc être rémunérés en conséquence. 

La gratuité des stages est généralement justifiée par le fait que l’employeur doit consacrer des ressources pour encadrer le stagiaire, qui est inexpérimenté. La participation de l’employeur peut également être perçue comme un service, en contribuant à la formation de la relève. 

La chercheuse de l’IRIS, Julia Posca, croit que cet argumentaire dévalorise l’apport du stagiaire aux activités de l’employeur, peu importe qu’il soit dans le secteur public ou privé. «Il y a une prestation de travail qui est réalisée pendant le stage, défend-elle en entrevue. C'est faux de dire qu'il n'y a pas de travail qui est exécuté.» 

L’obligation de faire un stage non rémunéré peut aussi accroître la précarité des étudiants. «Souvent, des étudiants vont se retrouver à devoir laisser leur emploi, justement parce que leur stage va occuper la plus grande partie de leur temps. Donc, ils vont se retrouver sans revenu. Évidemment, pour bien des gens, ce n'est pas possible de ne pas avoir de revenus. C'est pour ça qu'il y a un endettement.»

Les sommes versées par les bourses d’études ne sont souvent pas suffisantes pour équivaloir au salaire minimum quand ont tient compte des heures consacrées au stage, ajoute Mme Posca.

L’IRS estime que la rémunération des stagiaires coûterait au gouvernement entre 388 millions $ et 501,5 millions $, en tant qu’employeur. Pour le secteur privé, cela représenterait un coût d’entre 173,5 millions $ et 237 millions $. 

Mme Posca ne croit pas que l’obligation de rémunérer les stagiaires ferait en sorte qu’un nombre important d’entreprises cesseraient d’offrir des stages. Elle ajoute que le gouvernement procure déjà un soutien financier aux entreprises qui ont des stagiaires. 

En 2019, 5954 entreprises ont bénéficié du crédit d’impôt remboursable pour stage en milieu de travail. Le coût de cette mesure fiscale devrait être de près de 70 millions $ en 2023. 

Les femmes désavantagées

À partir de différentes données sur le profil des étudiants, l’IRIS conclut que les femmes sont désavantagées lorsqu’il est question des stages non rémunérés. 

L’étude souligne que 74 % des stagiaires au collégial étaient des femmes tandis que cette proportion est de 64 % à l’université. L’IRIS souligne que la santé et l’éducation, à prédominance féminine, sont deux des trois domaines où s’effectuent le plus de stages universitaires. 

«La non-rémunération des stagiaires est ainsi vue comme un phénomène renforçant la dévalorisation des tâches de reproduction sociale, qui sont typiquement assumées par les femmes et qui, sur le marché du travail, sont associées à des emplois occupés en majorité par des femmes et en moyenne moins bien rémunérés», déplore l’IRIS dans son rapport.

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Des fresques ludiques pour le département de pédiatrie
Publié à 13h00

Des fresques ludiques pour le département de pédiatrie

La Fondation pour la Santé du Nord de Lanaudière annonce la finalisation du projet de fresques ludiques au département de pédiatrie du Centre hospitalier De Lanaudière (CHDL). Avec un investissement d’un peu plus de 19 000 $ de la part de la fondation, cet ajout contribue à créer un environnement plus chaleureux et joyeux pour les petits ...

Dévoilement de la « Chaise des générations » à Saint-Charles-Borromée
Publié à 11h00

Dévoilement de la « Chaise des générations » à Saint-Charles-Borromée

À l’occasion d’une réception civique en présence des membres du conseil municipal, la Ville de Saint-Charles-Borromée a souligné la contribution remarquable de six élèves de 6e année de l’école Vers l’Avenir, lors d’une cérémonie précédant la séance du conseil du 8 juin. Ceux-ci ont offert la « Chaise des générations », ...

Le 12 juin, j'achète des légumes québécois
Publié à 10h00

Le 12 juin, j'achète des légumes québécois

Créé en 2025 par le gouvernement Québécois,  on célèbre cette année la deuxième édition de la journée « Le 12 juin, j'achète un produit québécois».  Alors que le temps des récoltes va commencer, c’est le moment idéal pour mettre de l’avant les fermes locales et leurs beaux produits prêts à remplir nos assiettes. Lors d’une ...