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Au coeur de l'il

Un organisme pour aider les hommes et les femmes auteurs de violence

durée 18h00
28 juin 2022
Marie-Eve Buisson
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par Marie-Eve Buisson, Journaliste

L'organisme lanaudois Au coeur de l'il se démarque par son accompagnement envers les hommes en difficulté relationnelle et les personnes auteures de violence conjugale et familiale.

Cet organisme, qui existe maintenant depuis 33 ans, a longtemps été le seul dans Lanaudière à venir en aide aux hommes ayant des comportements violents.

« Nous avons peu à peu commencé à recevoir des demandes d'aide autres que pour régler des comportements violents. Les hommes avaient besoin d'accompagnement pour plusieurs types de difficultés et c'est ce qu'on leur a offert », mentionne Daniel Blanchette, directeur et responsable clinique d'Au coeur de l'il.

En 1988, l'organisme s'appelait le Centre d'aide aux hommes oppresseurs. Il a ensuite été changé en 2001 pour le Centre d'aide pour hommes de Lanaudière et c'est depuis 2018 qu'il se nomme Au coeur de l'il, centre d'accompagnement lanaudois pour des relations respectueuses et identitaires.

Aider les femmes auteures de violence

C'est seulement depuis 2010 que l'organisme offre ses services d'accompagnement aux femmes ayant aussi des comportements violents. 

« À l'époque, nous recevions beaucoup d'appels de femmes qui nous demandaient de les aider, car elles ne trouvaient pas d'endroits similaires où recevoir ce type de service. Il y a beaucoup d'organismes qui aident les femmes victimes de violence mais peu pour les femmes auteures de violence », explique Daniel Blanchette.

L'équipe a remarqué que les comportements violents provenaient la plupart du temps d'un exercice de rapport de force. La violence serait donc un mécanisme de défense ou de protection lorsqu'un individu se sent menacé. Toutefois, cette réaction ne peut être perçue comme de la légitime défense, car elle est souvent disproportionnée à la réalité.

« Le contraire des relations de force ce sont les relations égalitaires. Ce qu'on propose comme alternative à la violence, c'est donc de développer des relations respectueuses et égalitaires et d'aider les personnes à avoir une meilleure confiance en elles-mêmes », explique le directeur.

Au coeur de l'il croit donc que le mieux-être des hommes et des femmes passe par le développement de la confiance en soi pour ensuite favoriser la mise en place de relations respectueuses et égalitaires.

La violence n'est pas génétique

Selon l'organisme, les comportements violents ne sont pas innés et ne sont pas génétiques.

« Souvent, un homme va venir nous voir en nous expliquant que son père et son grand-père étaient agressifs et qu'il a peur que son fils le devienne aussi. La bonne nouvelle c’est que la violence n'est pas génétique. Elle provient plutôt de comportements qui sont appris dans un milieu familial. C'est la transmission intergénérationnelle des comportements violents par l'éducation culturelle », éclaircit Daniel Blanchette.

Pour le directeur de l'organisme, les comportements agressifs proviennent aussi de la socialisation des garçons dans la société. Par exemple, si un enfant de deux ans se blesse et qu'il pleure, il risque de se faire dire que ce n'est pas grave, qu'il doit arrêter de pleurer et qu'il doit continuer de jouer. Mais si l'enfant dans cette situation est une jeune fille, le parent la prendra probablement dans ses bras et la consolera.

« On voit déjà ici qu'il y a des préjugés entre les garçons et les filles et je dirais même une discrimination. Ce que le petit garçon de deux ans reçoit comme message c'est qu'il n'a pas le droit de souffrir ni de l'exprimer. Alors il accumule cette peine, la traîne avec lui toute sa vie et un jour ça éclate! Et quand ça explose ce n'est pas délicat, ni chic », ajoute Daniel Blanchette.

C'est pourquoi l'organisme ouvre toujours ses portes pour aider les gens qui sont prêts à faire des changements pour être plus heureux. Dans la dernière année, Au coeur de l'il a aidé 398 hommes et 54 femmes et a reçu 8161 appels entrant.

Les personnes désirant s’inscrire doivent contacter l'organisme par téléphone par elles-mêmes et être dans de bonnes dispositions afin de pouvoir parler librement de sujets qui peuvent être délicats et très personnels. 

Au coeur de l'il a trois points de services situés à Joliette, Repentigny et Mascouche. Si vous avez besoin d'aide vous pouvez contacter le 450-756-4934 poste 1 (pour Joliette et ses environs) ou la ligne sans frais au 1-800-567-8759 poste 1.

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