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Crise du logement Lanaudière 3/3

Une crise du logement bien réelle dans la grande région de Joliette

durée 18h00
14 mai 2022
Marie-Eve Buisson
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par Marie-Eve Buisson, Journaliste

Dans le contexte de la crise du logement qui sévit dans Lanaudière, Néomédia a réalisé une série de trois articles qui analyse plus en détail cet enjeu dans la grande région de Joliette. Aujourd'hui, on rencontre l'organisme Action-Logement Lanaudière et Pierre-Luc Bellerose, maire de Joliette.

C'est en avril dernier qu'Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, a reconnu, pour la première fois, qu'il y avait une pénurie de logements. Elle a cependant spécifié que cette situation affectait seulement 14 villes, où le taux d'inoccupation est à moins de 1 %. La Ville de Joliette en fait partie avec un taux de 0,6 %. 

Une annonce qui aurait dû être faite depuis longtemps selon Amélie Pelland, coordonnatrice et intervenante sociale chez Action-Logement Lanaudière. Cet organisme, qui défend les droits des locataires de toute la région de Lanaudière, lutte depuis trois ans pour que la crise du logement soit reconnue dans la grande région de Joliette. 

Lanaudière n'y échappe pas

La crise du logement affecte différemment Lanaudière, comparativement aux grandes villes comme Montréal ou Québec. Depuis la pandémie de la COVID-19, le phénomène d'exode rural a explosé avec la possibilité de faire du télétravail.

«La plupart des montréalais habitent dans cette ville pour être plus proche de leur travail. Mais avec la possibilité de travailler à distance, plusieurs ont choisi de déménager en région, car les loyers et les maisons sont moins chers», explique Amélie Pelland. 

Le départ des gens du sud de Lanaudière vers le nord s'est aussi accentué. Plusieurs personnes venant de Repentigny se sont rapprochées de la ville de Joliette pour ses loyers moins élevés, ce qui a entraîné une pénurie de logements dans cette région.

«Avec la pandémie, on a également remarqué que plusieurs personnes âgées ont quitté les résidences privées pour se tourner vers le marché locatif hors résidence», ajoute la coordonnatrice d'Action-Logement Lanaudière.

La pénurie de main-d'oeuvre a aussi contribué à cette crise du logement selon l'organisme. «Cette pénurie amène les entreprises à engager des gens d’ailleurs dans le monde, sauf qu'il n'y a  pas assez de logements pour ces personnes qui arrivent au Québec et dans Lanaudière», mentionne Amélie Pelland.

Pour Pierre-Luc Bellerose, maire de Joliette, la crise du logement s'est aussi accentuée avec les nouveaux étudiants dans Lanaudière. «Notre bonification de l'offre universitaire a aussi attiré les jeunes qui veulent étudier en région. Mais ils ont besoin d'un endroit où vivre et on n'a pas encore de résidences étudiantes. C'est pourquoi on travaille sur ce projet depuis longtemps», mentionne Pierre-Luc Bellerose. 

La ville de Joliette est aussi, selon le maire, un endroit qui attire grâce à sa richesse culturelle et à sa proximité avec plusieurs grandes villes. «Je dirais qu'il y a une qualité de vie très importante à Joliette. D'ailleurs, notre ville se retrouve à la première place selon l'indice de bonheur léger au Québec. On est donc un peu victime de notre succès mais en bout de ligne, c'est sûr qu'on a de nombreux défis importants en terme d'habitation», dit-il.

Des logements abordables

Pour le maire de Joliette, il y a définitivement une pénurie de logements dans la région. Cependant, cet enjeu est selon lui de niveau national et c'est pourquoi des discussions doivent être continuées avec le gouvernement provincial et fédéral.

Pour l'instant, Pierre-Luc Bellerose se concentre sur les projets domiciliaires dans la région en s'assurant qu'il y ait parmi ceux-ci un pourcentage de logements abordables.

«L'année dernière on a atteint un record d'émission de permis. Par contre, la plupart de ces logements sont à 1200 $ ou 1300 $ par mois. Il y a donc un intérêt pour la Ville de trouver des solutions afin d'avoir des logement abordable. Lorsqu'il y a des promoteurs qui viennent déposer des projets, on essaie de les sensibiliser pour qu'il y ait un pourcentage de logements abordables», détaille le maire de Joliette.

Un projet est présentement à l'étude à la Ville de Joliette pour qu'il y ait des ententes avec les promoteurs immobiliers en leur demandant de construire 15 % à 20% de logements abordables. «On regarde aussi pour voir si on peut ajouter une redevance à ceux qui ne construisent pas de logements abordables. Cette redevance nous permettrait ensuite d'en construire sur notre territoire», rajoute-t-il.

Le maire de Joliette rappelle que le gouvernement oblige en quelque sorte la Ville à se densifier, mais que cela amène des enjeux d'acceptabilité sociale. «On veut de la densification, oui, mais les gens ne veulent pas que ça se construise à côté de chez eux. On se retrouve donc dans un cercle vicieux, car on doit répondre aux orientations gouvernementales en aménagement du territoire, mais on doit aussi offrir des services sans augmenter le fardeau fiscal des citoyens. C'est un dossier assez complexe», avoue Pierre-Luc Bellerose. 

Malgré les efforts de la Ville concernant la construction de logements abordables, le maire de Joliette rappelle que cette problématique existe partout au Québec.

«On interpelle autant le gouvernement provincial que fédéral parce que c'est un enjeu vraiment important. On voit plusieurs personnes se retrouver à la rue et d'autres qui doivent déménager très loin. Je ne pense pas que ce problème ça va se résorber dans les prochaines années avec les taux d'intérêts qui augmentent et l’inflation. C'est assez inquiétant tout ça. La Ville possède un certain levier mais en même temps, on est assez limité dans ce qu’on peut faire», termine Pierre-Luc Bellerose.

 

 

 

 

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