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La crise du logement dans Lanaudière 2/3

Crise du logement: «Arrêtons de démoniser les propriétaires»

durée 18h00
13 mai 2022
Marie-Eve Buisson
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par Marie-Eve Buisson, Journaliste

Dans le contexte de la crise du logement qui sévit dans Lanaudière, Néomédia a réalisé une série de trois articles qui analyse plus en détail cet enjeu dans la grande région de Joliette. Aujourd'hui, on rencontre Francis Houle, un propriétaire qui désire montrer un autre point de vue que celui des locataires dans cette crise. 

Celui qui détient plusieurs logements dans Lanaudière et dans les Laurentides croit fermement que dans cet enjeu, les propriétaires se font trop souvent pointer du doigt.

«À chaque fois qu'on parle de la crise du logement, les propriétaires se font lancer des roches. Et pourtant, de mon coté, mes locataires m'adorent! Je leur donne des cadeaux de bienvenue, des cadeaux de Noël, je leur permet d'avoir des animaux... Oui, il existe des histoires d'horreur avec certains propriétaires, mais c'est assez rare. En général, je pense qu'on travaille bien», explique-t-il.

Selon Francis Houle, la crise du logement au Québec a pris beaucoup d'ampleur à cause du vieillissement des bâtiments construits dans les années 60 et 70. En achetant une propriété, le locateur peut demander un bilan de santé sur son immeuble pour savoir quelle est sa durée de vie utile. 

Les rénovictions

«Le plus gros du parc immobilier au Québec a été construit dans les années 60. À cette époque, les propriétaires ne dépensaient pas beaucoup d'argent pour rénover leurs immeubles. Donc aujourd'hui, on se retrouve avec des bâtisses qui ont 20, 30 ou 40 ans et qui n'ont pas changé. Elles doivent donc être remises à neuf pour allonger leur durée de vie utile», ajoute-t-il.

Selon la Société d'habitation du Québec, la durée de vie utile est une donnée approximative estimée en fonction de l'expérience du gestionnaire et de la qualité des matériaux et de leur installation. On peut se servir de cette information à titre indicatif seulement, dans une optique de planification de travaux à moyen et long terme, au-delà de cinq ans. 

«Si par exemple j'achète un immeuble et qu'on me dit que sa durée de vie utile est de 50 ans, ça veut probablement dire que la qualité de vie des locataires laisse à désirer. Leur plomberie est peut-être à changer, leur insonorisation aussi. Donc c'est pour ça que les propriétaires vont souvent vouloir tout rénover l'immeuble», détaille Francis Houle.

C'est d'ailleurs ce qu'a fait ce jeune propriétaire lors de l'achat d'un huitplex bâti dans les années 70 à Saint-Eustache. Ses co-propriétaires et lui-même ont complètement rénové l'immeuble après l'avoir acheté. Pour ce faire, ils devaient s'asseoir et discuter de ce qui allait arriver avec les locataires qui vivaient déjà dans ces appartements. 

«On n'avait pas le choix de vider l'immeuble, car il y avait trop de travaux à faire et ce n'était pas vivable pour personne. Alors nous sommes aller voir chaque locataire individuellement et on leur a offert plusieurs possibilités. Ils pouvaient être relocalisés dans un hôtel pendant six mois, le temps de finir les travaux, mais en revenant le loyer serait beaucoup plus cher», dit Francis Houle.

Après les rénovations, les appartements allaient revenir à environ 1500 $ par mois. Un nouveau loyer difficile à payer pour les personnes qui vivaient dans cet immeuble depuis plusieurs années. L'augmentation était, selon le propriétaire nécessaire, car ils ont rénové pour environ 100 000$ par logement.

«C'est là qu'on leur a proposé de racheter leur bail. En bref, on leur a demandé quel montant ils voulaient pour se faire dédommager. On a finalement offert 4000 $ en plus de leur fournir le déménagement. Et pour les personnes qui vivaient là depuis environ 30 ans, on leur a donné 10 000$», rajoute Francis Houle.

Le propriétaire explique que cette situation n'était pas totalement négative pour les locataires, car certains d'entre eux ont pu s'acheter une maison avec l'argent du dédommagement.

La pandémie et les logements abordables

La crise du logement a continué de prendre de l'ampleur durant la pandémie de la COVID-19. Il y a eu une pénurie de matériel dans les centres de rénovation et les frais de plombier ou d'électricien ont beaucoup augmenté. C'est une des raisons pourquoi, selon Francis Houle, que les loyers ont augmenté.

«Tous les prix fixes étaient à la hausse durant la pandémie et les assurances n'en ont pas fait exception. Tout cela ajoute une grosse pression sur les propriétaires lorsqu'ils doivent payer toutes ces dépenses. Souvent, ce que les gens oublient c’est que le profit en immobilier se fait à long terme. En ce moment oui, j’ai probablement une valeur nette de plus d'un million de dollar par exemple, mais dans mon compte de banque, je n'ai jamais eu aussi peu d’argent de ma vie», se confie-t-il.

Toujours selon le propriétaire, il y a présentement plusieurs logements qui sont disponibles et il y en aura toujours, peu importe les saisons. 

«Ce qui manque en ce moment, c'est surtout des logements abordables, car pour les gens qui ont un plus gros revenu, il y a beaucoup d'appartements à louer», termine-t-il.

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