Conseil régional de l’environnement
Élections québécoises: pour une Lanaudière qui se développe sans hypothéquer son avenir
Lanaudière 2026
À l’aube des élections québécoises, le Conseil régional de l’environnement de Lanaudière invite les candidates et les candidats de la région à faire de l’environnement et de la transition socio-écologique des éléments centraux de leur vision pour Lanaudière.
Notre région est en pleine transformation. Elle accueille de nouvelles populations, voit ses municipalités se développer et doit répondre à des besoins importants en matière de logement, de mobilité et d’infrastructures. Mais le développement de Lanaudière ne peut plus se faire comme si le territoire, les ressources naturelles et les milieux qui nous entourent étaient inépuisables.
Nous avons besoin d’un développement intelligent, réfléchi et adapté à notre territoire. Un développement qui tient compte de la capacité de nos milieux naturels, de nos terres agricoles, de nos cours d’eau, de nos forêts et de nos communautés. Un développement qui considère la biodiversité non pas comme une contrainte à contourner, mais comme une composante essentielle de notre résilience et de notre qualité de vie.
Des choix d’infrastructures qui doivent être faits avec vision
Le projet de contournement de Sainte-Julienne par la route 125 illustre bien l’importance de revoir notre façon de penser les infrastructures. Le CRE Lanaudière demeure opposé au projet dans sa forme actuelle. Après des années de réflexion et d’analyse, le rapport du BAPE a lui-même souligné la nécessité de revoir le projet en raison de ses impacts sur les milieux naturels et la qualité de vie.
Nous demandons donc au prochain gouvernement du Québec de ne pas simplement chercher à construire davantage, mais de chercher les meilleures solutions. Avant de sacrifier des milieux naturels et d’investir des sommes considérables dans de nouvelles infrastructures, il faut démontrer que les solutions proposées répondent réellement aux besoins du territoire et qu’elles constituent le meilleur choix sur les plans environnemental, social et économique.
La même vigilance doit guider notre réflexion sur les grands projets de mobilité.
Le développement d’un train à grande vitesse entre Québec, Montréal et Toronto pourrait contribuer à transformer nos façons de nous déplacer. Mais de nombreuses questions demeurent quant au tracé, aux impacts et à l’intégration du projet dans les territoires traversés. Pour Lanaudière, il est essentiel que nos intérêts et nos réalités soient pris en compte dès maintenant.
Nous nous attendons donc des élus provinciaux qu’ils soient de véritables porte-voix de Lanaudière auprès des instances fédérales responsables du projet. La région ne doit pas être considérée comme un simple corridor de passage : ses milieux naturels, ses communautés et ses besoins en matière de mobilité doivent faire partie de l’équation.
Protéger la biodiversité tout en permettant à la région d’évoluer
Lanaudière possède une richesse naturelle exceptionnelle. Cette richesse constitue un patrimoine collectif, mais aussi une infrastructure naturelle essentielle : les milieux humides contribuent à la gestion de l’eau, les forêts participent à la lutte contre les changements climatiques, les milieux naturels contribuent à notre santé et à notre qualité de vie et les écosystèmes soutiennent de nombreuses activités économiques et récréatives.
La protection de la biodiversité doit donc être intégrée en amont des décisions d’aménagement, et non ajoutée à la fin d’un projet lorsqu’il est déjà trop tard pour modifier sa conception.
Nous invitons les futurs élus à soutenir une planification territoriale qui protège les milieux naturels d’importance, favorise la connectivité écologique, limite l’étalement urbain et permet un développement mieux adapté aux réalités de chacune des communautés de Lanaudière.
Accélérer la transition socio-écologique
Enfin, les défis environnementaux ne se résument pas aux grands projets d’infrastructures. La transition socio-écologique doit se traduire par des actions concrètes dans nos municipalités, nos entreprises, nos écoles et nos communautés.
Adaptation aux changements climatiques, réduction des émissions de gaz à effet de serre, sobriété énergétique, protection de l’eau, mobilité durable, réduction de la consommation de ressources, économie circulaire, protection des milieux naturels et lutte contre les espèces exotiques envahissantes : les chantiers sont nombreux.
Le Québec doit donner aux régions les moyens d’agir. Lanaudière possède les connaissances, l’expertise et les acteurs mobilisés pour avancer. Il faut maintenant des politiques publiques cohérentes, du financement prévisible et un accompagnement permettant de passer de la volonté à l’action.
L’environnement n’est pas un dossier parmi tant d’autres. Il constitue le cadre dans lequel tous les autres choix doivent s’inscrire.
À l’ensemble des candidates et candidats de Lanaudière, nous posons donc une question simple : quelle Lanaudière souhaitez-vous léguer aux prochaines générations?
Nous souhaitons une région qui se développe, oui. Mais une région qui se développe avec intelligence, qui protège ce qui ne peut être remplacé et qui fait de la transition socio-écologique une occasion de renforcer la résilience, l’attractivité et la qualité de vie de nos communautés.
Le CRE Lanaudière est prêt à travailler avec celles et ceux qui partagent cette ambition pour construire une région prospère, résiliente et respectueuse de son territoire.
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