Ottawa alloue 6 milliards $ pour la relève en construction
Ottawa sort le chéquier pour infuser du sang neuf vers les métiers de la construction, dans sa mise à jour économique présentée mardi.
Le gouvernement Carney prévoit dépenser 6 milliards $ en cinq ans, dans un bouquet de mesures pour accélérer les formations et soutenir financièrement les apprentis et les employeurs qui les recrutent.
La main-d’œuvre en construction sera fortement sollicitée au cours de prochaines années, en raison des grands projets que veut accélérer le gouvernement fédéral, de l’entretien nécessaire des infrastructures et des besoins en logement.
«Ça prend des gens pour le faire, souligne le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, en conférence de presse. D’avoir un programme comme celui-là, ça va catalyser les énergies dont on a besoin.»
Le Canada aura besoin de 1,4 million de travailleurs de métiers d’ici 2033, selon la mise à jour.
Malgré la demande, le nombre d’apprentis qui abandonnent leur formation en cours de route est élevé. En 2024, plus de 100 000 nouveaux apprentis étaient enregistrés, mais seulement 34 000 ont terminé leur apprentissage.
«Nous avons réalisé que nous devons faire plus, répond-il à une question en anglais. Il n’y a aucun doute par rapport à ça.»
Le Québec a tout autant besoin de bras sur les nombreux chantiers à réaliser. La Commission de la construction du Québec (CCQ) estime qu’il faudra environ 16 000 nouveaux travailleurs par année au Québec pour répondre à la demande, selon un mémoire publié l’an dernier.
Les grands chantiers d’Hydro-Québec mobiliseront également l’industrie. La société d’État a estimé qu’elle a besoin de 35 000 travailleurs supplémentaires de la construction pour réaliser ses ambitions d’ici 2035.
De l’argent pour les apprentis
Le fédéral veut soutenir financièrement les apprentis pendant qu’ils suivent leur formation obligatoire. Un apprenti pourrait ainsi recevoir 400 $ par semaine, ce qui pourrait représenter un soutien total de 16 000 $.
Les apprentis qui obtiennent une accréditation Sceau rouge seraient également admissibles à une prime de 5000 $.
Aux employeurs, le fédéral offrira des subventions salariales qui pourraient atteindre jusqu’à 10 000 $ pour la première année de salaire.
«Toujours en partenariat» avec les provinces
Les provinces sont responsables de la formation des travailleurs de la construction. L’examen du Sceau rouge permet de vérifier que les travailleurs ont les compétences nécessaires pour exercer leur métier dans les autres provinces.
Le fédéral veut d’ailleurs accélérer la formation des travailleurs de la construction, mais il devra collaborer avec les provinces pour y parvenir.
La mise à jour donne l’objectif de réduire de moitié le parcours menant à une accréditation Sceau rouge.
M. Champagne assure que le fédéral travaillera en collaboration avec les provinces, qui partageraient la même préoccupation, selon lui. «Clairement, les collègues voient l’importance de faire une mesure phare. (…) J’ai confiance de pouvoir travailleur avec les collègues, autant au Québec qu’ailleurs.»
Stéphane Rolland, La Presse Canadienne
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