La prison pour un fraudeur
Un homme de 39 ans de Rawdon, qui a commis une fraude de plus de 5 000 $ et une extorsion en 2007, passera les 18 prochains mois à l'ombre.
Marc-André Coderre avait plaidé coupable à ces deux infractions, le 2 novembre 2010, devant la juge Dominique Larochelle à Joliette. Les deux avocats au dossier avaient demandé la confection d'un rapport présentenciel.
Lors de son arrestation, l'accusé occupait un poste de chef d'équipe aux télécommunications au sein d'un corps policier. Le 27 juin 2007, à Mascouche, M. Coderre a fait croire à un ami, Alain Cloutier, qu'un délateur avait fait une déclaration à la police qui donnerait lieu sous peu à des accusations contre lui.
Pour faire modifier ladite déclaration, il lui a proposé de donner à ce faux informateur la somme de 30 000 $ dans le but de faire changer sa version, le tout avec la complicité d'un autre corps de police. Il réussit à lui soutirer 20 000 $.
Un peu plus d'un mois après cet événement, M. Coderre a tenté de soutirer à Rolland Cloutier, le père d'Alain, la somme de 75 000 $ par une lettre qui le menace de représailles envers lui et sa famille et de dénoncer son fils pour une soi-disant implication dans le commerce du tabac. La tentative d'extorsion s'est déroulée à Saint-Thomas-de-Joliette.
En rendant sa sentence, la juge Larochelle a tenu compte de plusieurs facteurs aggravants comme le degré élevé de planification et d'organisation, la répétition de gestes semblables, le fait que les événements se sont déroulés sur une longue période, les montants en jeu étaient importants et les menaces de violence étaient à peine voilées dans la lettre d'extorsion.
Par contre, la juge a indiqué qu'il y avait plusieurs facteurs atténuants dans cette affaire, dont le fait que l'accusé avait plaidé coupable évitant un long procès; il a reconnu les faits qui lui étaient reprochés, il a offert une bonne collaboration lors de la préparation du rapport présentenciel, etc.
Lors des plaidoiries sur sentence en mai dernier, l'avocat de M. Coderre avait recommandé que son client purge une peine dans la collectivité, alors que la couronne réclamait de la prison ferme.
En plus de ses 18 mois de détention, l'accusé devra se soumettre à une ordonnance de probation d'un an dans laquelle il lui sera interdit de se trouver à moins de 500 mètres de tout lieu de travail, d'étude ou du domicile des victimes et des membres de leur famille et s'abstenir de communiquer directement ou indirectement avec eux.
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