Pas de cautionnement pour Guèvremont
Bernard Guèvremont, cet individu accusé notamment de tentative de meurtre et d'avoir fabriqué et déposé une bombe avec l'intention d'en causer l'explosion, devra rester détenu pour la suite des procédures.
En rendant son jugement, ce matin, le juge François Landry, de la Cour du Québec a mentionné que Guèvremont, 63 ans, de Lavaltrie, avait prémédité son geste. Il note également qu'il y a une gradation dans la gravité des crimes commis.
«La cour est d'avis que la confiance du public envers le système judiciaire serait minée si l'accusé était remis en liberté», ajoute le juge Landry.
La poursuite, représentée par Me Bruno Leclerc, n'a fait entendre qu'un seul témoin, lors de l'enquête sur remise en liberté, soit l'enquêteur au dossier, Yoland Côté, de la division des enquêtes régionales ouest de la Sûreté du Québec.
Les faits
Le policier a souligné qu'en 1982, l'épouse de l'accusé avait échangé des baisers avec un certain Lucien Desrosiers. Depuis ce temps, M. Guèvremont a souvent prétendu que M. Desrosiers avait agressé sexuellement sa femme, ce qui a provoqué quelques chicanes dans son couple.
Depuis 2007, l'accusé a envoyé quatre lettres de menaces à M. Desrosiers et sa fille, Carole. De plus, il a effectué des appels harassants envers ceux-ci.
L'enquêteur ajoute que le 3 septembre dernier, Bernard Guèvremont a déposé une bombe chez le gendre de Lucien Desrosiers, André Girard. Celui-ci, croyant qu'il s'agissait d'un cadeau pour souligner son anniversaire, a ouvert le colis et l'engin lui a explosé au visage. Il a subi des blessures au bout des doigts, au visage et a eu les tympans perforés.
Lors d'une perquisition chez l'accusé, le 4 novembre, les policiers ont retrouvé tous les éléments nécessaires à la fabrication de bombes, ces mêmes items se trouvaient aussi sur la bombe qui a explosé à Repentigny, deux mois plus tôt.
Sa famille l'appuie
L'avocat de M. Guèvremont, Me Jean-Pierre Rancourt, a fait entendre quatre témoins, dont l'accusé. Sa femme et ses deux fils étaient tous prêts à s'engager pour une somme d'argent, afin que l'accusé puisse reprendre sa liberté sous de nombreuses conditions.
Dans sa plaidoirie, Me Leclerc a insisté sur le fait que M. Guèvremont avait avoué au médecin psychiatre, qui l'examinait pour son évaluation psychiatrique, avoir déposé un «pétard». Il ajoute qu'il a fait mention de plusieurs faits au médecin, lesquels ne tenaient pas la route. «À plusieurs reprises, il tente de minimiser sa responsabilité», de dire l'avocat de la couronne.
Me Rancourt, de son côté, a souligné qu'il existait peu de preuves concernant l'accusation de tentative de meurtre, et que son client était présumé innocent jusqu'à preuve du contraire.
Bernard Guèvremont sera de retour devant le tribunal, le 17 décembre, pour la forme.
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