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La taxidermie au féminin

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6 janvier 2011
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Par Réjean Turgeon

À 39 ans, elle gagne sa vie comme taxidermiste, un métier qu'elle a connu très jeune et que pratiquait son père à Sainte-Marcelline-de-Kildare.

Ce n'était pourtant pas la carrière qu'elle avait envisagée.

«J'ai été infirmière auxiliaire d'abord avant de joindre une compagnie d'entretien ménager, a-t-elle confié au Journal. Après en avoir eu assez, je suis rentrée dans mon coin de pays.»

Revenue au bercail, Vicky Leblanc demande à son père de lui montrer les rudiments du métier et se joint donc à l'entreprise familiale pour ensuite ouvrir son atelier.

«J'ai toujours été manuelle et artistique, affirme la jeune femme. Avec la taxidermie, on travaille juste de nos mains, il n'y a pas de mode d'emploi.»

Un spécimen, un défi

Être taxidermiste n'est pas monotone. «Chaque spécimen représente un défi», de dire Mme Leblanc.

Et qui dit spécimen dit autant les poissons, les oiseaux, les tapis d'ours que les mammifères et les cervidés (chevreuil, orignal, caribou).

Et c'est sans compter les demandes qui sortent de l'ordinaire. Comme par exemple une tête de vache Jersey qu'un particulier lui a récemment apportée.

«Mon client est propriétaire d'une fermette. Il aimait bien son animal», de déclarer Vicky Leblanc.

Et que dire d'un requin qu'il faut restaurer avec des nageoires et des dents.

«On s'est creusé la tête pour lui», a-t-elle ajouté fièrement.

Chaque client doit cependant être patient. On ne livre pas un chevreuil ou un orignal du jour au lendemain.

Plusieurs étapes doivent être franchies.

Toutes les peaux doivent être dégraissées, tannées, et salées pour en assurer la conservation.

Il faut ensuite préparer les mannequins, monter les peaux, et effectuer le travail de finition.

«Mon défi est de donner de la vie à l'animal et de respecter son anatomie», de spécifier la taxidermiste.

Perfectionnement et reconnaissance

Membre de l'Association des taxidermistes du Québec, Vicky Leblanc n'a pas hésité à suivre des cours de perfectionnement.

Résultat : elle a terminé 2e en 2009 et 2010 dans la catégorie Professionnelle lors des compétitions organisées par l'ATQ.

Aujourd'hui, les pièces qu'elle réalise le sont sur commande seulement.

«Je n'ai pas le temps de faire une salle de montre», dira celle qui, au cours d'une année, peut traiter au moins une trentaine de chevreuils, une cinquantaine de panaches et une quinzaine de mammifères. Les prix demandés peuvent varier de 25 à 2 000 $ selon l'ampleur des mandats qu'on lui confie.

Aujourd'hui, Vicky Leblanc ne regrette pas son choix de carrière. On pourrait même dire qu'elle est bien dans sa peau.

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