La seconde vie des résidus industriels
La compagnie Agro 100 s'est engagée dans un virage écologique, et entreprend une offensive afin de donner une seconde vie aux résidus industriels. Une démarche qui aura un impact majeur sur le milieu agricole du Québec.
Agro 100 et son directeur général, Stéphane Beaucage, visent la revalorisation des matières résiduelles fertilisantes (MRF). En termes clairs, l'entreprise s'applique à récupérer certains produits considérés comme déchets industriels et les transforme en fertilisants agricoles. Ces matières sont soumises à des examens minutieux, avant d'être filtrés soigneusement. «Les terres agricoles ne seront pas les poubelles des villes à cause de cette démarche», précise M. Beaucage, qui insiste sur la sévérité du processus de filtrage des résidus. Le directeur général d'Agro 100 ajoute que la sélection même des produits est d'une sévérité exemplaire. Jusqu'à présent, seulement trois usines se qualifient pour la récupération de leurs MRF, une au Québec, une en Ontario et une dans le nord-est des États-Unis.
Stéphane Beaucage souligne également que près de la moitié de ce qui est d'ordinaire considéré comme des agents contaminants peut en fait être considéré comme des éléments utiles aux plantes. Il soutient que même les humains et les animaux y trouvent leur compte avec la présence de minéraux essentiels tels que le cuivre, le fer, le zinc et le sélénium. «Leur présence est bénéfique, si on évite les teneurs excessives.»
La revalorisation de ces produits représente, selon M. Beaucage, l'équivalent de près d'un million de tonnes répandues annuellement sur 2,5 % des terres agricoles du Québec. Il s'agit de la principale source de récupération des déchets industriels et municipaux de la province.
Résidus de cimenteries
Jusqu'à présent, Agro 100 s'est concentrée sur les résidus des fours de cimenteries. Les agissements de l'entreprise dans la récupération de ces matériaux contribuent à la réduction de la pollution, en plus d'apporter des solutions durables pour la protection de l'environnement. Il ajoute qu'à long terme, la revalorisation des MRF peut mener à l'homologation du résultat, concrétisant ce dernier en produit fertilisant officiel. «C'est un processus qui peut demander des années de travail.» Il conclut que l'ensemble de ces démarches font partie des solutions de hautes performances qu'entend développer Agro-100 lors des prochaines années, pour le bien de notre environnement.
La raison d'être
Fondée en 1990, Agro 100 a depuis fait de la revalorisation des résidus industriels sa raison d'être principale. L'entreprise a dû investir tout près de 2 M$ en infrastructures afin de poursuivre ses recherches. Au fil des ans, les chercheurs d'Agro 100 ont établi des paramètres de filtration de résidus, tant solides que liquides, qui permettent de déterminer la possibilité de conversion en matières résiduelles fertilisantes. L'analyse des résidus permet de déceler le pourcentage de fertilisants et d'indésirables. Si le produit est conforme aux paramètres établis, et que le pourcentage d'éléments fertilisants est adéquat, il est converti en MRF. «Il faut faire la nuance entre rejet et résidu», souligne Sylvain Beaucage, directeur général d'Agro 100. Il ajoute que ce système s'applique uniquement aux matières contenant déjà un pourcentage de fertilisants.
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