Joliette déménage chaque pouce de neige
L'hiver bat son plein et les rues affichent parfois complet en frais de bancs de neige. Certaines municipalités soufflent la neige et d'autres la ramassent. Ces choix, parmi une panoplie de facteurs géographiques et politiques, ont un coût pour les contribuables. L'Agence QMI et le Journal de Joliette vous proposent une analyse comparée de l'indicateur du «coût de l'enlèvement de la neige par kilomètre de voie» entre les trois villes du Grand Joliette.
Les flocons de neige sont beaux, mais coûtent beaucoup de sous aux contribuables de Joliette. En moyenne, par année, ce sont 2,5 M$ qui sont soufflés dans une benne en direction d'un site d'entreposage de neige. Ce choix d'enlever mécaniquement la majeure partie de la neige agrémente la vie des 19 902 citoyens, mais coûte plus cher.
Le déneigement a coûté 12 278 $ par kilomètre de voie en 2008, un hiver exceptionnellement blanc. En 2009, il a diminué à 7 758 $. La faute revient à un hiver économe sur les flocons de neige.
Le budget alloué en 2008, soit du 31er décembre au 1er janvier, a été de 3 190 649 $. En 2009, un million a été retranché de l'enveloppe pour s'établir à 2 165 469 $.
«Je pense que nous sommes performants, c'est de la très haute qualité à Joliette», indique Renald Gravel, directeur général de Joliette.
Les chiffres mentionnés par kilomètre sont établis par voie carrossable.
Ils ont été recomptés en 2008, faisant diminuer les coûts de l'indicateur de déneigement sur le territoire de 22 kilomètres carrés. «Par exemple, le boulevard Manseau est calculé comme une voie et demie de circulation de chaque côté», précise Renald Gravel. Au passage, le coût a également diminué dans les statistiques.
Saint-Charles-Borromée
Saint-Charles-Borromée, une municipalité collée sur Joliette, déneige plus de 80 kilomètres de routes sur un territoire de 18,6 kilomètres carrés. Le fardeau fiscal par kilomètre déneigé revient à 3 348 $ pour les 13 045 citoyens en 2009. L'année précédente, c'était de l'ordre de 3 775 $. L'administration municipale a choisi d'offrir à contrat le déneigement des rues pour un montant de 530 000 $ cette année. C'est la seconde année d'une entente de trois ans obtenue par Généreux construction.
«Quand on se compare et qu'on regarde pour le coût de la neige, nous sommes en dessous de la médiane pour l'année 2007», indique le directeur général, François Thériault, en se basant sur les résultats en sa possession.
L'enveloppe budgétaire consacrée aux tempêtes de neige a été de 565 000 $ l'an dernier et grimpe à 630 000 $ dans les estimations du nouveau budget.
«Si on ajoute des rues, le coût augmente, ce qui est prévu dans le contrat», précise M. Thériault.
En tout, six employés font partie de l'équipe de déneigement, en plus des autres tâches.
Le nombre peu élevé de plaintes n'alarme personne à la mairie. Le peu de neige explique la satisfaction des conducteurs.
Le coût de déneigement des bornes-fontaines n'est pas connu à Saint-Charles-Borromée, ni à Joliette, car ce sont les cols bleus qui s'en chargent dans leurs tâches quotidiennes.
Notre-Dame-des-Prairies
La municipalité de Notre-Dame-des-Prairies compte 125 kilomètres de route et paie 3 523 $ par kilomètre de voie carrossable pour le déneigement en 2009. L'administration municipale a offert en contrat le déneigement, qui consiste à ramasser la neige sur les artères principales et les rues ayant un trottoir, mais de souffler les flocons ailleurs dans la municipalité. Le budget consacré à la neige est de 489 400 $ dans le budget 2010-2011. L'an passé, c'est près de 466 000 $ qui ont été dépensés dans le déneigement pour les 8 709 contribuables. NDP a une superficie de près de 18 kilomètres carrés.
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Des statistiques parmi tant d'autres
C.C.Les indicateurs de déneigement sont des outils fournis aux villes pour comparer leurs résultats avec d'autres villes. Les administrateurs sont unanimes pour dénoncer toute comparaison. Selon eux, la prudence est de mise. Un sondage mené en octobre 2009 a révélé que 55 % des villes n'utilisent pas ces indicateurs.
L'administration municipale de Joliette utilise les indicateurs fournis par le gouvernement du Québec avec prudence. Le directeur général consulte peu les tableaux comparatifs avec des villes de population équivalente. Par contre, il se sert des indicateurs annuels pour contrôler les écarts importants d'une année à l'autre. «Les indicateurs ne sont pas quelque chose de bien utile. Ça peut être utile pour se comparer à d'autres villes, mais pour nous, c'est surtout pour surveiller l'évolution de nos coûts», indique Renald Gravel.
Le coup de sonde mené par le Journal de Joliette auprès des grands centres du nord de Lanaudière croit que la majorité des directeurs généraux maîtrisent bien les indicateurs de déneigement. Certains ont cependant rappelé le Journal quelques jours plus tard.
L'indicateur «coût de l'enlèvement de la neige par kilomètre de voie» est un calcul. Le numérateur comprend les dépenses de fonctionnement, incluant l'amortissement des
équipements, moins les services rendus à d'autres organismes comme le ministère des
Transports. Ainsi, en tenant compte de l'amortissement, on peut comparer les
municipalités qui effectuent le travail en régie et qui possèdent leur équipement avec
celles qui le donnent à contrat à des sous-traitants ou qui louent leur équipement.
TABLEAU
L'indicateur en 2008
Joliette : 12 278 $
Saint-Charles-Borromée : 3 775 $
Notre-Dame-des-Prairies : 3 690 $
Berthierville : 6 240 $
Rawdon : 1 403 $
Saint-Lin-Laurentides : 3 488 $
Lavaltrie : 1 909 $
Repentigny : 6 621 $
St-Jérôme : 14 250 $
Ste-Thérèse : 16 848 $
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