Si le métier d’arbitre est loin d’être le plus facile, le pratiquer en étant une jeune femme est encore plus ardu. Depuis plus de huit ans, Ariane St-George pratique ce métier dans la région en plus d’être la seule femme à agir comme officiel lors du Championnat canadien de flag football tenu en Saskatchewan en juillet dernier.
Ariane St-George était la seule femme à agir comme arbitre lors du plus récent championnat canadien de flag football. « Ailleurs au Canada, les arbitres féminines sont extrêmement rares », explique la jeune femme qui, dès son arrivée à Regina, a eu à faire face au questionnement et aux regards curieux de la foule. « Sans le dire clairement, les gens là-bas se demandaient ce que je faisais là », raconte-t-elle en soulignant qu’en tant que femme, il y a toujours un questionnement professionnel. « Ils veulent voir dès le départ si tu es en mesure de faire le travail », explique la jeune femme avant d’ajouter que sa confiance en elle a fait rapidement taire les possibles détracteurs, mais que malgré tout, les gens plus fermés soulèvent un doute. « Tes premières décisions sont toujours remises en question. »
Gagner le respect
«Les entraîneurs masculins sont toujours plus polis, du moins au début », raconte Ariane St-George. Elle nuance toutefois que cette politesse prend rapidement le large après quelques appels de l’arbitre. « Ils oublient rapidement que je suis une femme », souligne-t-elle avant d’ajouter que les entraîneurs féminins ne s’embarrassaient pas de telles formalités. Pour la jeune femme, ces confrontations font partie intégrante du métier. « Je n’ai pas la langue dans ma poche et toute cette expérience est pour moi un défi personnel. »
Pour l’amour du sport
Ariane St-George le dit clairement, c’est l’amour pour ce sport qui la motive et qui l’a mené à passer de joueuse à arbitre. « En tant qu’officiel, je suis là pour que les jeunes puissent jouer », explique-t-elle. À ses yeux, le sport aura toujours le dernier mot face à la compétition.