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Nouvelle étude

La douleur persistante du zona est maintenant mieux comprise

La douleur persistante du zona est maintenant mieux comprise
Photo: La Presse Canadienne, 2026

De petites particules présentes dans le sang causent probablement les douleurs persistantes qui continuent à affliger certaines personnes même si le virus du zona a été éliminé de leur organisme depuis longtemps, estime une nouvelle étude publiée par des chercheurs américains.

Les résultats suggèrent que la douleur chronique liée au zona pourrait ne pas être simplement le résultat des lésions causées lors de l’infection initiale, expliquent les auteurs.

Au contraire, poursuivent-ils, les signaux biologiques véhiculés par de petites particules appelées exosomes pourraient continuer à maintenir les cellules nerveuses dans un état d’irritation et de dysfonctionnement, les empêchant ainsi de guérir.

«On a pensé pendant longtemps que la douleur persistante était liée à un dommage fait aux nerfs par l’infection, puis que ce dommage-là persistait et ne guérissait jamais, a commenté la cheffe du service de douleur chronique au CHU de Québec-Université Laval, la docteure Anne Marie Pinard.

«Mais ce que cette étude-là nous dit, c’est qu’il y a des signaux biologiques qui continuent à être envoyés, puis qui gardent les cellules dans un état d’irritation et empêchent leur guérison, et ça, c’est vraiment nouveau. C’est comme s’il y avait un échec à la guérison qui était maintenu par des substances qui sont libérées au niveau de la cellule.»

Au lieu de simplement tenter de réparer les dommages, a-t-elle ajouté, on comprend maintenant que c’est la communication entre les cellules qui semblent être en cause, et plus précisément les exosomes.

Les exosomes sont des particules microscopiques libérées par les cellules qui transportent des protéines et d’autres molécules dans tout l’organisme. L’étude a révélé qu’une infection par le zona peut amener les cellules nerveuses à libérer des signaux inflammatoires et à devenir très actives.

Un système d’alarme qui «reste allumé»

Lors d’expériences en laboratoire, les chercheurs de l’Université du Colorado Anschutz ont constaté que des cellules nerveuses saines exposées à des exosomes prélevés chez des patients atteints d’une névralgie post-herpétique (la douleur qui persiste après l’infection) présentaient des signes de stress et d’irritation, même en l’absence de tout virus.

Ces exosomes ont réduit la capacité des nerfs à se développer et à se régénérer; provoqué des modifications structurelles susceptibles d’entraîner un dysfonctionnement des nerfs; et augmenté la production de molécules associées à la douleur chronique. Les exosomes n’ont pas détruit les cellules nerveuses, mais ils ont semblé les maintenir dans un état malsain et dysfonctionnel.

«Ces résultats suggèrent que la signalisation médiée par les exosomes ne se contente pas de refléter la réponse à l’infection aiguë, mais qu’elle la renforce et l’étend activement, en maintenant le phénotype des nocicepteurs irritables tout en altérant simultanément la plasticité structurelle nécessaire à la récupération et à la réinnervation», écrivent les auteurs.

En termes un peu moins techniques, la névralgie post-herpétique pourrait se développer parce que l’organisme ne parvient pas à «désactiver» complètement la réponse de guérison après un zona. Même une fois le virus éliminé, les exosomes continuent de transmettre des messages néfastes qui empêchent les nerfs de se rétablir normalement.

«C’est comme si le système d’alarme restait allumé», a illustré la docteure Pinard.

Les chercheurs croient que les exosomes pourraient éventuellement être recrutés pour acheminer vers la zone ciblée des agents thérapeutiques qui bloquent certaines protéines et favorisent la régénération et la repousse normales des nerfs après un zona.

Ils admettent en revanche ne pas vraiment comprendre pourquoi les effets induits par les exosomes restent localisés malgré leur circulation systémique. Il est possible que les neurones lésés ou en cours de régénération présentent une sensibilité accrue à l’absorption des exosomes ou à leur signalisation.

Des options pour les douleurs neuropathiques?

«Ça ne nous donnera clairement pas de nouveau traitement d’ici quelques mois, mais l’intérêt sera de cibler la communication entre les cellules pour traiter la cause plutôt que d’essayer de traiter la conséquence qui est la douleur», a dit la docteure Pinard.

Il sera maintenant intéressant de voir si cette découverte jette aussi un nouvel éclairage sur d’autres douleurs neuropathiques «qui pourrissent la vie de tellement de personnes et qui sont si difficiles à contrôler», a-t-elle ajouté.

«Ça ouvre la porte à essayer de trouver une espèce de point commun à toutes ces neuropathies, a conclu la docteure Pinard. C’est vraiment un pas vers l’avant.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical Annals of Neurology.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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