Sondage Léger
La population est prête à prendre les moyens pour bâtir un État social fort
Par Salle des nouvelles
Des militants de la CSN revendiquent un meilleur partage de la richesse. Les résultats d’un sondage Léger dévoilé récemment par la CSN montrent que les Québécois sont en faveur d’une meilleure redistribution de la richesse pour améliorer nos services publics.
Le sondage prouve que la population appuie les revendications portées par la centrale dans le
cadre de la campagne Faire front pour le Québec. Alors que les élections approchent, le Conseil
central de Lanaudière déplore le bilan désastreux du gouvernement caquiste et appelle les partis
politiques à s’engager à un meilleur partage de la richesse.
Le Québec est prêt à changer de cap
Le sondage réalisé par Léger portait sur des thèmes comme les finances publiques et la redistribution de la richesse, la santé et les services sociaux, l’éducation et la petite enfance, la transition juste et la démocratie. On y apprend que 74 % des répondants attendent du prochain gouvernement qu’il rehausse le niveau d’imposition des personnes les plus fortunées afin de mieux financer les services publics. La population québécoise appuie ainsi l’idée de mieux redistribuer la richesse, aussi bien pour freiner les inégalités sociales que pour régler les problèmes auxquels font face nos services publics.
À quelques mois des élections au Québec, la CSN met de l’avant des demandes qui reçoivent un large appui de la population. Le sondage montre que la vaste majorité des Québécois (75 %) juge inéquitable la redistribution de la richesse au Québec entre les personnes les plus fortunées et le reste de la population. Ils appuient aussi largement les propositions de la CSN pour freiner la place du privé en santé, en éducation et en petite enfance. La CSN dévoilait récemment que le transfert des chirurgies du public vers le privé entraînerait des coûts supplémentaires importants pour le système de santé.
Le sondage révèle aussi que la population souhaite que le prochain gouvernement prenne les mesures qui s’imposent pour appuyer les travailleurs afin d’engager la transition juste vers une économie plus verte. Tout cela dans un contexte où le peu d’écoute envers la population et les groupes de la société civile de la part du gouvernement est déploré.
« Les Québécois sont mûrs pour qu’on prenne enfin les moyens de mieux redistribuer la richesse. Comme nous, ils sont inquiets de voir les inégalités sociales grimper sans cesse, tout cela alors que nos services publics subissent des crises constantes. Dans la région, qu’il s’agisse d’abolition de poste, gel ou restriction, les coupes dans nos services publics sont inacceptables. Les résultats de ce sondage montrent que, loin des discours mis de l’avant par de nombreux commentateurs et élu-es, la population reste attachée à un État social fort et déplore ne pas être écoutée par le gouvernement caquiste. Les gens sont d’accord avec nous et ils demandent aux partis de s’engager pour que le Québec prenne une autre direction », explique Martin Hachey, vice-présidente du Conseil central de Lanaudière.
Faits saillants du sondage Léger
Finances publiques et redistribution de la richesse
- 74 % des personnes interrogées attendent du prochain gouvernement qu’il rehausse le niveau d’imposition des personnes les plus fortunées afin de mieux financer les services publics, alors que 73 % souhaitent voir le prochain gouvernement mettre fin aux coupes budgétaires dans les services publics.
- 75 % des personnes interrogées jugent que la redistribution de la richesse au Québec entre les personnes les plus fortunées et le reste de la population est actuellement inéquitable.
- Le coût de l’épicerie et des biens essentiels (39 %) et le coût du logement (19 %) sont ce qui pèse le plus sur la situation financière personnelle de la population, montrant l’ampleur de la crise du coût de la vie.
- 55 % des personnes interrogées considèrent que le niveau d’imposition des personnes les plus fortunées au Québec est trop faible, contre seulement 13 % qui le jugent trop élevé.
Santé et services sociaux
- En vue des prochaines élections, les personnes interrogées souhaitent à 83 % que le prochain gouvernement empêche les cliniques privées de facturer davantage que ce qui est prévu dans le réseau public pour un même service et à 82 % qu’il mette en place des mesures pour freiner le départ du personnel du réseau public vers le secteur privé à but lucratif.
- Les personnes interrogées sont préoccupées par l’état du réseau, que ce soit en raison de l’accès difficile au réseau public (90 %), de l’exode du personnel du réseau public vers le secteur privé (88 %) ou encore des frais au privé (80 %).
- 42 % des personnes interrogées disent s’être privées de soins de santé dans la dernière année, soit en raison de l’accès difficile au réseau ou pour des raisons financières.
Éducation et petite enfance
- Les quatre enjeux prioritaires en éducation sont la pénurie de personnel (66 %), l’état des infrastructures scolaires (58 %), le manque de ressources pour soutenir les élèves ayant des besoins particuliers (56 %) et le niveau de financement du réseau public d’éducation (45 %).
- 52 % des personnes interrogées pensent qu’il faut augmenter le nombre de places en CPE et en services de garde en milieu familial (régi et subventionné) contre seulement 4 % qui pensent qu’il faut les diminuer.
- Dans les prochaines années, le gouvernement devrait prioriser l’amélioration du réseau public d’éducation et des services de garde selon 61 % des personnes interrogées contre seulement 5 % qui souhaitent voir davantage de place au secteur privé.
Transition juste
- L’amélioration des infrastructures routières (93 %), l’amélioration de l’offre de transport collectif entre les régions et les grands centres (72 %) et le développement du transport collectif dans les grandes villes (72 %) sont identifiés comme des priorités en matière de transport par les personnes interrogées.
- 71 % des personnes interrogées sont inquiètes face aux changements climatiques.
- Afin d’enclencher la transition juste, les personnes interrogées jugent que le prochain gouvernement devrait offrir davantage de formation et de requalification aux travailleurs touchés par les transformations économiques (84 %), mettre en place des mesures pour soutenir les travailleurs dont l’emploi est affecté par la transition climatique (79 %), accroître les investissements publics pour développer des emplois liés à l’économie verte (76 %) et investir davantage dans le transport collectif partout au Québec (75 %).
Démocratie
- La majorité des personnes interrogées jugent que les citoyens (79 %) et les groupes de la société civile, comme les syndicats (56 %), ne sont pas assez écoutés et pris en compte dans les décisions du gouvernement du Québec.
