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Étude canadienne

Le changement climatique est à l'origine de la prolifération des algues dans les lacs

durée 18h00
7 août 2025
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Par La Presse Canadienne

Une étude portant sur des dizaines de lacs canadiens laisse entendre que le réchauffement climatique est le principal facteur de la hausse des niveaux d'algues, ce qui soulève des questions sur la santé d'une part importante des eaux douces de la planète, alors que les températures continuent de grimper.

Selon une étude portant sur 80 lacs du Canada, les niveaux moyens d'algues ont été multipliés par sept depuis les années 1960 environ par rapport au siècle précédent.

Ces changements étaient plus prononcés dans les lacs situés à proximité des zones d'impact humain sur l'environnement, mais étaient néanmoins observés loin des exploitations agricoles, minières et forestières, selon l'étude.

«Même les lacs situés dans des bassins versants vierges sont vulnérables au changement», indique l'étude, publiée le mois dernier dans la revue en ligne Communications Earth and Environment.

Pour tenter d'expliquer ce qui est à l'origine de cette hausse, les chercheurs ont examiné d'autres influences possibles des algues, comme la pluie, le rayonnement solaire et les changements d'utilisation des terres, comme l'agriculture.

La température était le principal facteur associé à la prolifération d'algues, selon l'étude.

«C'est un avertissement», a martelé Hamid Ghanbari, auteur principal de l'étude et chercheur postdoctoral à l'Université Laval.

L'étude ne détermine pas quels lacs connaissent des niveaux dangereux de prolifération d'algues ni ne tient compte des proliférations d'algues toxiques. La multiplication par sept depuis les années 1960 est une moyenne pour les 80 lacs étudiés.

Certains lacs, initialement peu peuplés, présentent encore des niveaux relativement bas. Mais pour les lacs déjà riches, une multiplication par sept pourrait entraîner des problèmes, notamment des proliférations d'algues toxiques, ont déclaré les chercheurs.

«Si la prolifération d'algues atteint un niveau considéré comme dangereux, nous en subirons les conséquences. Cela nuira à l'écosystème du lac, à la faune environnante et à notre portefeuille», a soutenu M. Ghanbari.

Les algues sont à la base du réseau trophique du lac, nourrissant les petits poissons et le zooplancton qui, à son tour, nourrissent les plus gros poissons, et ainsi de suite. Cependant, une prolifération excessive d'algues peut absorber l'oxygène du fond du lac, entraînant la mortalité massive de poissons et la création de «zones mortes», où la vie aquatique a du mal à survivre.

Les proliférations d'algues toxiques constituent également un problème persistant pour certaines sources d'eau potable au Canada, du lac Buffalo Pound, en Saskatchewan, à la baie de Quinte, en Ontario. Elles entraînent des problèmes de goût, d'odeur et de sécurité, et nécessitent la modernisation des installations de traitement locales. L'eau contaminée des lacs peut également être mortelle pour les chiens et le bétail.

La pollution riche en azote et en phosphore, provenant notamment des engrais ou du ruissellement des eaux pluviales, peut favoriser la croissance des algues. Cette étude montre que les lacs déjà directement touchés par l'activité humaine sont encore plus vulnérables aux changements climatiques, a pointé Katrina Eyvindson, directrice du département de géographie et d'environnement de l'Université Western, qui n'a pas participé au projet.

«C'est l'élément clé de cette recherche», a-t-elle dit, qualifiant le projet d'«entreprise impressionnante».

L'équipe de recherche, dirigée par des scientifiques des universités Laval et McGill, a reconstitué une chronologie des algues qui débute en 2014 et remonte jusqu'en 1850 en étudiant les niveaux de chlorophylle dans des carottes de sédiments lacustres. La chlorophylle, molécule essentielle à la transformation de la lumière solaire en énergie végétale, est un indicateur des algues et des cyanobactéries appelées algues bleu-vert, qui effectuent également la photosynthèse.

Ces échantillons ont été prélevés dans des lacs couvrant une vaste étendue du Canada, confrontés à des conditions différentes.

Au milieu des années 1960 – un «point de rupture» identifié par les chercheurs – les augmentations de température et de chlorophylle ont commencé à s'accélérer.

Le changement climatique, provoqué par la combustion de combustibles fossiles, réchauffe le Canada environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Depuis le milieu du XXe siècle, les températures moyennes au Canada ont augmenté de 2,4 °C, selon les données fédérales.

Ces résultats soulignent l'urgence de lutter contre les changements climatiques et de protéger les lacs canadiens, a insisté Irene Gregory-Eaves, professeure de biologie à McGill et coauteure de l'étude. Le Canada possède le plus grand nombre de lacs au monde et détient environ 7 % des ressources mondiales en eau douce renouvelables.

«J'espère que ce sera comme un mégaphone pour, vous savez, intéresser les gens aux changements climatiques et faire pression sur le gouvernement afin qu'il mette en place des politiques et des lois rigoureuses pour inverser la courbe des émissions», a-t-elle dit.

Jordan Omstead, La Presse Canadienne

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