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Changements climatiques: les lacs canadiens particulièrement menacés

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20 juillet 2022
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3 minutes

Par La Presse Canadienne

Une nouvelle recherche indique que les lacs canadiens sont particulièrement menacés par les changements climatiques.

«Les lacs canadiens se réchauffent deux fois plus vite que le reste des lacs du monde», a déclaré la biologiste Sapna Sharma, de l'Université York de Toronto, coautrice d'un article publié dans la revue Bioscience.

Mme Sharma et ses collègues se sont penchés sur 143 études menées dans le monde entier pour essayer de résumer comment le changement climatique affectait les 100 millions de lacs de la planète. Or, les chercheurs ont constaté que les lacs qui sont recouverts de glace au moins une partie de l'année connaissent les plus grands changements.

Le réchauffement de l'air a réduit la couverture de glace sur les lacs de 31 jours en moyenne au cours des 165 dernières années, et la couverture de glace a disparu six fois plus rapidement au cours des 25 dernières années. Environ 15 000 lacs de l'hémisphère nord qui gelaient autrefois chaque hiver connaissent maintenant des années sans glace, et 6000 pourraient même ne plus jamais geler.

Et comme la température de l'eau augmente à mesure que les lacs absorbent plus de lumière solaire, les couches supérieures se réchauffent encore plus rapidement.

Les lacs du monde entier se réchauffent déjà d'un tiers de degré Celsius par décennie, mais les lacs qui gèlent une partie de l'année se réchauffent deux fois plus vite que la moyenne mondiale. D'ici la fin du siècle, les températures moyennes mondiales des lacs devraient augmenter de 1 à 4 °C.

Par ailleurs, cette hausse des températures augmente la perte d'eau par évaporation et encourage la prolifération d'algues toxiques. «Au Canada, ainsi que dans d'autres régions du monde, nous constatons une augmentation de l'incidence de ces proliférations d'algues beaucoup plus tard dans la saison», a déclaré la professeure Sharma.

Le lac Supérieur, le plus grand lac du monde par sa superficie, connaît maintenant des proliférations d'algues. En 2014, un lac isolé du parc Algonquin, en Ontario, a été fermé au camping en raison de la prolifération d'algues - la première du genre depuis plus d'un siècle. «Même ces lacs éloignés voient des proliférations d'algues sans précédent», dit-elle.

Les poissons de lacs
La hausse des températures rend également la tâche difficile pour les espèces de poissons d'eau froide, comme le doré jaune ou le touladi (truite de lac), selon l'étude. Ces poissons commencent déjà à être évincés par des espèces qui préfèrent les eaux plus chaudes, comme l'achigan.

«Ils arrivent très, très rapidement, beaucoup plus rapidement que nous ne l'avions prévu il y a 15 ans, à mesure que nos lacs continuent de se réchauffer et que l'habitat devient plus adapté» à leurs conditions.

Mais la hausse des températures n'est pas le seul impact du changement climatique sur les lacs. Des vents plus forts augmentent l'évaporation, de même que la baisse de l'humidité relative: un air relativement moins humide peut alors absorber plus d'eau.

Des orages plus fréquents et plus intenses créent par ailleurs du ruissellement dans les lacs, apportant bon nombre des mêmes nutriments qui favorisent la croissance des algues.

De plus, la fonte précoce des glaces peut perturber le moment délicat où la nourriture devient disponible pour les poissons nouvellement éclos qui en ont besoin. Cette perturbation réduit le nombre de jeunes poissons dans les lacs.

La professeure Sharma craint que de nombreux lacs n'atteignent un point de bascule, lorsqu'ils ne pourront plus s'adapter à leur nouvelle situation environnementale et se transformeront en quelque chose de différent.

«Nous ne devrions pas nous attendre à des réponses graduelles des écosystèmes au changement climatique, lit-on dans son article, mais plutôt à des réponses de point de bascule qui conduisent à de nouveaux états écosystémiques une fois les seuils écologiques franchis».

Beaucoup de ces changements auront un impact sur ceux qui sont le moins capables de les affronter, comme les populations autochtones ou pauvres, qui ont moins accès à d'autres sources d'approvisionnement lorsque la qualité de l'eau se détériore, rappelle la chercheuse. «Les impacts du changement climatique vont affecter beaucoup plus tôt les communautés marginalisées et plus pauvres.»

Bob Weber, La Presse Canadienne

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