Un recul de 25 ans, selon le RUTAL
Le transport adapté de Lanaudière touché par des réductions de service
Les services de transport adapté dans la région de Lanaudière sont présentement en situation de crise en raison de la pénurie de main d'oeuvre, mais aussi par la baisse du nombre de véhicules taxis disponible, suite à l'adoption de la loi 17.
Le Regroupement des usagers de transport adapté de Lanaudière (RUTAL) demande au gouvernement du Québec de trouver rapidement des solutions pour arrêter l’impact négatif de la loi 17 sur les services de transport adapté de la région de Lanaudière.
Selon l’Alliance des Regroupements des Usagers du Transport Adapté du Québec (ARUTAQ), il y a plus de 40% des chauffeurs de taxi qui ont abandonné leur pratique cette année, accentuant ainsi la vulnérabilité des services de transport adapté partout au Québec.
Les voitures taxi et les vans adaptées sont remplacées par des autobus et des minibus, obligeant les personnes handicapées à faire beaucoup de route pour se rendre à une destination.
Selon Yves Laurin, agent de promotion à l’Association des personnes handicapées physiques et sensorielles secteur Joliette (APHPSSJ), le ministre des Transports, François Bonnardel, n'a pas tenu compte des conséquences sur le transport adapté avec la loi 17.
«Le ministre des Transports n’a pas pensé à nous avec cette loi. Le transport adapté utilisait énormément les taxis, car ils sont beaucoup plus mobiles et pratiques que les minibus. Ils peuvent, par exemple, déplacer plus rapidement les personnes de villes en villes comparativement au bus», explique-t-il.
Les transports adaptés de la région de Lanaudière doivent aujourd'hui conjuguer avec une baisse du nombre de transporteurs taxis et de 10 % à 45 % moins de véhicules taxis, et par conséquent moins de chauffeurs. Il se vit donc actuellement des refus de déplacement, des annulations et de nombreux retards.
Un transport pas si adapté
Marie-Ève Michaud, une résidente de Joliette qui se déplace en fauteuil roulant, n'utilise pas le transport adapté, puisqu'elle ne peut pas l'utiliser tout en transportant avec elle sa fille de deux ans et demi.
«Je n'utilise pas le transport adapté, parce que je suis obligée d'apporter le siège d'auto de ma fille si je veux l'emmener avec moi dans le minibus. Imaginez une personne en fauteuil roulant dans la rue qui se promène avec un siège d'auto sur ses genoux... C'est impossible! La seule option qui me reste c'est d'appeler un taxi, car je n'ai pas besoin d'apporter le siège d'auto pour ma fille. Ça reste tout de même dangereux pour elle», détaille-elle.
Pour Mylène Éthier, une citoyenne de Saint-Charles-Borromée qui se déplace avec un déambulateur, le transport adapté est un service qu'elle utilise occasionnellement. Elle explique que les chauffeurs sont toujours courtois et respectueux, mais que l'attente peut parfois être très longue.
«Pour réserver notre transport, nous devons dire l'heure à laquelle on veut que le bus vienne nous chercher. Quelques fois, je sors d'avance pour l'attendre et le chauffeur peut avoir jusqu'à 15 minutes de retard environ. Au total, je peux attendre jusqu'à 30 minutes pour le transport adapté», mentionne-t-elle.
À l’automne dernier, la MRC de Joliette a diminué son offre de transport adapté vers certaines dessertes, en instaurant des horaires fixes, sans possibilité de se déplacer le soir, sauf la fin de semaine.
La MRC de D’Autray, quant à elle, a réduit considérablement son offre de service en n’effectuant plus de transport adapté après 20 h sur tout son territoire, depuis le mois de février 2022. Un recul de 25 ans, selon le RUTAL.
«Depuis l’arrivée, en 1982, du tout premier transport adapté dans la région de Lanaudière, de nombreux efforts ont été déployés pour développer les services, afin que les usagers puissent avoir la possibilité de se déplacer, pour tous motifs de déplacement, de 7 h à minuit, 7 jours par semaine, 365 jours par année, et nous avions réussi», affirme Natalie Savard, directrice du RUTAL. «On ne peut pas accepter de perdre ces acquis», ajoute-t-elle.
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