La crise du logement dans Lanaudière 1/3
Une famille forcée de vivre dans une tente le temps de se trouver un logement
La tente de Sylvain* et Amélie*
Dans le contexte de la crise du logement qui sévit dans Lanaudière, Néomédia a réalisé une série de trois articles qui analyse plus en détail cet enjeu dans la grande région de Joliette. Aujourd'hui, on rencontre une famille de quatre adultes qui se retrouve à la rue après que leur propriétaire ait repris possession de la maison qui leur était louée.
Après avoir cherché pendant plusieurs mois un nouvel appartement, cette famille composée de deux couples n'a pas eu le choix, en avril dernier, de prendre la décision d'aller vivre temporairement dans une tente, en attendant de trouver un toit pour s'abriter dans la ville de Joliette.
«On a cherché des logements partout, mais ils étaient tous à 2000 $ et plus par mois, ce qui est beaucoup trop élevé pour nous. De plus, nous avons des animaux et cela nous limite énormément dans notre recherche de logement», explique Roxanne*, qui vit présentement dans son campement.
Son conjoint Sylvain* raconte que la famille a contacté plusieurs organismes pour les aider à se trouver un logement abordable, sans succès.
«C'est pourquoi on vit dans une tente depuis le 15 avril dernier. C'est mon ancienne belle-mère qui a accepté de nous prêter son terrain pour qu'on puisse s'y installer Elle nous a offert de vivre dans sa maison, mais accueillir quatre personnes avec leurs animaux, ce n'est pas évident! », raconte-t-il.
La famille a visité un appartement la semaine dernière et elle attend toujours des nouvelles du propriétaire. Les quatre adultes attendent présentement un appel et craignent de devoir vivre encore plusieurs mois sous leur abris de fortune.
«Nous avons en ce moment accès à de l'électricité et à de l'eau. Mais ce n'est pas du tout facile de vivre dans ce petit espace avec quatre adultes et des animaux», ajoute Sylvain*.
Comme du camping sauvage
Le couple explique que leur mode de vie ressemble présentement à du camping sauvage. Ils se réchauffent chaque soir avec un feu à l'extérieur et plusieurs chaufferettes durant la nuit.
Ils cuisinent aussi dehors avec un petit barbecue et un wok chauffant. La famille de quatre utilise également une glacière pour conserver leurs aliments froids, mais ils privilégient la nourriture sèche qui se garde beaucoup plus facilement.
« Nous faisons une petite épicerie à chaque jour pour éviter de perdre de la nourriture», détaille Roxanne*.
Côté hygiène, la famille utilise les toilettes et la douche de la dame qui loue son terrain. Une toilette sèche a tout de même été installée dans la tente pour les besoins à faire durant la nuit.
Les vêtements sont rassemblés dans des bacs et ceux qui sont sales sont placés dans une boîte installée à l'extérieur de la tente.
Pour s'occuper, les quatre personnes jouent à des jeux de société et écoutent quelques fois des films sur leur télévision. «On met tout de même un drap sur la télévision pour éviter qu'elle soit mouillée lorsqu'il pleut», précise Sylvain*.
Une crise présente dans Lanaudière
La crise du logement est présentement un enjeu national et la région de Lanaudière n'y fait pas exception. Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement, il y a un taux d'inoccupation d'environ 0,6% dans la Ville de Joliette. Un problème reconnu depuis plusieurs années par l'organisme Action-Logement Lanaudière.
Cet organisme qui défend les droits individuels et collectifs des locataires dans la région de Lanaudière, explique que la crise du logement s'est amplifiée avec les reprises de logements et de maisons par les propriétaires.
«Nous pensons que les reprises devraient être interdites lorsque le taux d'inoccupation est inférieur à 3 %. Malheureusement, beaucoup de maisons sont reprises par des acheteurs et les locataires doivent ensuite se trouver un appartement», explique Amélie Pelland, coordonnatrice et intervenante sociale chez Action-Logement Lanaudière.
Avec le 1ier juillet qui approche, l'organisme reçoit plusieurs appels de personnes qui se cherchent désespérément un appartement.
«On reçoit à chaque semaine des appels de gens qui se sont fait évincer, qui ne trouvent pas de logement ou qui sont à la rue. Nous les référons vers des services d'aide à la recherche de logement, mais il y a malgré tout beaucoup de personnes qui sont en détresse à cause de cette crise qui dure depuis trois ans», termine Amélie Pelland.
*Les prénoms ont été changé pour protéger l'identité et la sécurité des sources.
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