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Opinion

Lettre ouverte: Le traitement des toxicomanies : la réalité du financement

Lettre ouverte: Le traitement des toxicomanies : la réalité du financement
Photo: Courtoisie de la page facebook du Centre canadien sur les dépendances
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Monsieur le Ministre Lionel Carmant, annonce 280 millions en itinérance dont 40 millions dédiés à la dépendance. Excitation avec un mélange de questionnement, est-ce possible qu’on nous considère à notre juste valeur ? Les ressources d’hébergement en dépendance n’arrivent pas à y croire.

Depuis 2016 qu’ils revendiquent leurs besoins criants. Le 27 octobre, la nouvelle est sortie : fièrement, le ministre vous donne un GROS 4 millions de dollars derrière son web Cam! 4 millions sur les 40 millions ? 4 millions pour ceux qui sont au front ? Qui traitent les doubles problématiques : toxicomanie et santé mentale, toxicomanie et itinérance, toxicomanie et judiciarisation, en passant par la violence, la sexualité, la parentalité, la réinsertion sociale... et surtout 4 millions pour près d’une centaine d’organismes.

Depuis 2015, l’enveloppe du programme compte 6 millions. C’est vrai que d’y ajouter 4 millions c’est 67% d’augmentation, mais nous n’y arriverons pas, c’est plus du double qu’il manque dans cette enveloppe M.Carmant. Les 36 millions restant ira aux CISSS et CIUSSS, mais qui détient l’offre de service, 365 jours, 7/7, 24/24 ? Beau temps, mauvais temps !

Nous, les RHD. Avec respect, les centres de prévention des toxicomanies, les ressources pour femmes victimes de violence, les ressources pour hommes ont reçu des sommes considérables. Plusieurs secteurs sociaux se sont vu attribuer des augmentations budgétaires de 20-30%. Les centres jeunesse et autres services publics engagent la même catégorie d’employés que nous. Nous ne pouvons rivaliser avec eux.

Nos salaires ne suivent plus. Oui, le communautaire c’est une mission, un choix, mais plus personne ne veut travailler de nuit à 15$/heure ou faire des suivis auprès des gens en détresse à 17$/heure. Et ce, avec des diplômes reconnus.

De plus, avec la pénurie de main-d’œuvre, plusieurs secteurs ont élargi leurs possibilités de choix de diplômes d’embauche. Nous sommes donc plusieurs employeurs à chercher dans le même éventail de diplômés.

Nous demandons depuis plus de 2 ans d’élargir les diplômes reconnus (technique policière, certificat en travail social, pour ne nommer que ceux-ci). Le projet est sur la table pour mars 2023.

Le bateau coule, M. Carmant! Durant les dernières années, nous avons sollicité plusieurs rencontres avec vous. Vous nous retournez vers les fonctionnaires responsables du dossier, car nous siégeons avec eux à un comité consultatif.

En moyenne deux rencontre par année où l’on vit le jour de la marmotte. Si le traitement des dépendances est aussi important et indispensable à votre système de santé que vous le dites si haut et fort dans les médias, quand allez-vous assurer un financement respectif et équitable à sa juste valeur ?

-La coalition des organismes communautaires en dépendance

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