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Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté

« En pleine 2e vague, les personnes pauvres sont toujours laissées pour compte par le gouvernement du Québec »

« En pleine 2e vague, les personnes pauvres sont toujours laissées pour compte par le gouvernement du Québec »
Photo: Courtoisie

En pleine deuxième vague, et alors que ce samedi 17 octobre est la journée dédiée au refus de la pauvreté, le collectif anti-pauvreté de Lanaudière estime que les personnes en situation de précarité sont toujours laissées pour compte par le gouvernement du Québec.

La crise sanitaire causée par la pandémie de COVID-19 a amené nombre de Québécois.e.s à faire la douloureuse expérience de la précarité financière et de l’isolement social, depuis quelques mois. Or, cette misère financière et sociale, des dizaines de milliers de québécoises et de québécois en situation de pauvreté la vivaient déjà avant la crise. Mais elle est pire encore depuis le début de celle-ci.

Aucune bonification de prestation

Malgré les nombreuses démarches et demandes faites au gouvernement, depuis le mois de mars, par des organismes et regroupements de défense des droits et de lutte à la pauvreté de partout au Québec, les personnes prestataires de l’aide financière de derniers recours (AFDR), qui sont parmi les plus pauvres, n’ont reçu aucune bonification de leurs prestations, qui peuvent être aussi basses que 690$ par mois, ni aucune autre sorte d’aide financière additionnelle pour faire face aux dépenses supplémentaires engendrées par la crise sanitaire, par exemple pour l’achat de masques maintenant obligatoires dans les espaces publics.

« Pour bien prendre la mesure de la situation criante que vivent ces personnes, il faut savoir que la prestation de base de l’AFDR permet à peine de couvrir 50% des besoins de base tels que reconnus par le gouvernement du Québec », souligne Johanne St-Denis, coordonnatrice de l’Action Populaire des Moulins et co-porte-parole du CAP-Lanaudière.

« Et ces besoins de base sont aussi élémentaires que l’alimentation, le logement, l’ameublement, l’entretien ménager, les soins personnels, l’habillement, les communications et le transport », rappelle-t-elle.

Dettes

Pour Gabrielle et son conjoint, parents de trois enfants, qui résident dans le nord de Lanaudière: « Même si nous scrutons les circulaires chaque semaine pour dénicher les spéciaux et tentons toujours d’aller faire notre épicerie au supermarché dans la ville la plus proche, soit à une heure de route de notre domicile, avec les pénuries qu'il y a eu depuis le printemps, nous avons souvent dû faire notre épicerie à notre marché local, qui se trouve en région touristique où les prix sont plus élevés qu'ailleurs. »

Depuis le 15 mars, le couple est endetté sur leur carte de crédit de plus de 500$ pour pouvoir nourrir leur famille à coup de deux semaines et ainsi limiter leurs déplacements.

Accès inégal aux organismes de charité

De son côté, Sylvain Caron, militant au GIDDS de Sainte-Julienne, a des problèmes de santé importants. Devant éviter de sortir de chez lui depuis mars, l’épicerie est devenue d’autant plus dispendieuse qu’il doit maintenant assumer des frais de livraison, qui s’ajoutent en plus à l’augmentation du coût des aliments depuis le début de la crise.

« Le gouvernement a envoyé de l’argent dans les banques alimentaires pour qu’elles puissent faire face à la demande accrue, due à l’arrivée des travailleurs et des travailleuses qui venaient de perdre leur emploi. Mais les banques alimentaires ne suffisaient plus à la demande. En plus, les familles sont souvent priorisées par rapport aux personnes seules. Alors, c’est bien beau d’envoyer de l’aide financière aux organismes communautaire pour qu’ils la redistribuent sous forme de charité, mais ce n’est pas tout le monde qui réussit à y avoir accès. La faim demeure, l’anxiété augmente. Et ça n’aide pas plus à payer le loyer, et bientôt le chauffage… », explique-t-il.

Pour lui, en n’augmentant pas les revenus des personnes les plus pauvres pour les aider à faire face à la crise, le gouvernement les a condamnés à encore plus de pauvreté, et d’isolement.

« La misère, c’est ça. Et ça, c’est le contraire de la reconnaissance de la dignité humaine », conclut Sylvain, qui est aussi co-porte-parole du CAP-Lanaudière et président du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

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