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Sur les territoires non-cédés de la communauté Atikamekw

Une trentaine d'activistes campent sur le chantier capitaine pour dénoncer les coupes

Les activistes demandent l’arrêt des travaux du chantier capitaine, afin que ce lieu, ainsi que tout le secteur avoisinant faisant partie de la consultation de 2020, soient transformés en aires protégées.
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Photo: Crédit photos: Jessica Lambert M.

Les activistes demandent l’arrêt des travaux du chantier capitaine, afin que ce lieu, ainsi que tout le secteur avoisinant faisant partie de la consultation de 2020, soient transformés en aires protégées.

Après la manifestation familiale pour la protection des forêts de Lanaudière, une trentaine de militant.e.s du collectif Mobilisation Matawinie ont occupé le chantier de coupe "capitaine", qui débutait ses travaux ce matin.
 
D’une superficie de 472 hectares, le chantier sur lequel ont dormi les activistes est situé sur les territoires non-cédés de la communauté Atikamekw. Cette forêt est bordée d’un refuge biologique, d’un îlot de vieillissement et de plusieurs lacs où ont été répertoriées de nombreuses frayères.
 
Selon les cartes du gouvernement du Québec, la plus grande partie du chantier et du secteur environnant visés par la consultation publique de 2020 est une forêt qui n’a pas été coupée depuis « avant 1976 », comme le mentionne les données gouvernementales. Cependant, ces dernières ne permettent pas de savoir l’année exacte des dernières coupes effectuées dans ce secteur. 
 
« Il y a des lois à respecter »
 
Jennifer Raphaëlle, coporte-parole du groupe, explique : « La construction des chemins forestiers s’est terminée il y a à peine quelques jours dans le secteur. Freiner la construction et le développement de ces chemins ainsi que protéger les cours d’eau représentent le nerf de la guerre pour les opposant.e.s aux coupes à blanc. Le territoire est morcelé et les impacts sur la faune sont accablants. Dans nos explorations du territoire, nous avons même observé la construction d’un chemin dans un milieu humide, inondé de chaque côté. Il y a des lois à respecter. Où est le Ministère ? » 
 
« C’est complètement déplorable de voir des coupes de protection et de régénération des sols (CPRS) dans des forêts anciennes comme celles-ci, notamment dans des peuplements de bouleaux, qui sont de plus en plus rares. Ces coupes sont synonymes de coupes à blanc. Cette forêt est très précieuse et devrait devenir une aire protégée », ajoute Milaine Brousseau Ouellette, militante du collectif. 
 
« Nous sommes ici pour faire comprendre aux forestiers que nous les surveillons et que nous ne les laisserons pas faire. Nous les voyons et nous sommes prêt.e.s à entrer dans une escalade des moyens de pression », complète Jessica Lambert M. 
 
Des centaines de manifestants présents
 
Hier, quelques centaines de personnes ont participé à la manifestation familiale pour la protection des forêts de Lanaudière. L’une des principales revendications des manifestant.e.s était d’appuyer les démarches de GACKNA, une organisation de la communauté Atikamekw Nehirowisiw, qui demande la protection du bouleau blanc, patrimoine de leur nation.
 
Ce dernier est essentiel afin d’assurer la pérennité des pratiques ancestrales Atikamekw. Mobilisation Matawinie a réussi à aller chercher l’appui d’un grand nombre de personnes et d’organisations depuis le début de l’été. "Elles sont unies et leurs tactiques se multiplient", comme décrivait un slogan scandé hier lors de la manifestation.
 
 « À chaque visite sur le territoire, on découvre des infractions. Des bandes riveraines non-respectées, des ruisseaux traversés par des machines, des ornières profondes dans des milieux humides et des flaques d’huile au travers de tout ça. On est ici aujourd’hui pour montrer qu’il y a des gens qui se préoccupent de cette forêt et que les forestiers ne peuvent pas faire n’importe quoi, n’importe où », s’exclame Jennifer Raphaëlle.
 
Les activistes qui ont campé la nuit dernière considèrent que la consultation publique réalisée en 2020 n’a servi à rien puisque toutes les décisions étaient prises à l’avance. Ils et elles demandent l’arrêt des travaux du chantier capitaine, afin que ce lieu, ainsi que tout le secteur avoisinant faisant partie de la consultation de 2020, soient transformés en aires protégées. 
 

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