Prendre soin de nos jeunes
Le 27 novembre dernier, le docteur Réjean Thomas racontait, dans le Journal de Montréal, que le ministère de la Santé avait mandaté il y a 20 ans un groupe de travail sur les jeunes. Dans leur rapport, on recommandait de prévenir et de réduire de 25 à 30 % dans les dix prochaines années la marginalisation des 6 à 18 ans.
Aujourd’hui, en 2013, on peut dire que la société n’a vraiment pas tenu compte de cette recommandation.
Prenons seulement le côté éducation sexuelle. En 2009, on estimait que 25 % des jeunes de 16 à 18 ans n’utilisait pas le condom lors de relations sexuelles. N’est-ce pas une donnée qui donne froid dans le dos, alors que les cas d’infections transmissibles sexuellement et par le sang sont en hausse et que le SIDA est connu de tous?
La prévention est l’outil le plus efficace pour apprendre à nos jeunes à se protéger. Est-ce qu’il y en a assez? Il faudrait se poser la question, alors que les cours d’éducation sexuelle sont complètement sortis de nos écoles depuis 2001. Un peu plus de 12 ans plus tard, alors que les deux tiers des cas de chlamydia ont été déclarés parmi des jeunes de 15 à 24 ans, il est peut-être temps de se demander comment faire plus de prévention et prendre action rapidement.
Du côté de la consommation de drogue, la situation n’est pas vraiment plus rose. Selon l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire, un élève sur 20 présenterait un problème important de consommation! Et ici, dans le nord de Lanaudière, les élèves du deuxième cycle du secondaire consommeraient 10 % plus de drogues que ceux du reste du Québec.
Le Québec prend-il soin de ses enfants? Pas en se fermant les yeux sur ces statistiques sorties tout droit d’un film d’horreur. Dans notre société riche et civilisée, comment pouvons-nous accepter que les acteurs de notre avenir aient des comportements aussi à risque?
Vous me direz que de la prévention est déjà faite, qu’on peut même voir des publicités à la télévision. Et bien, ce n’est pas assez comme on peut le voir. Il est important d’intervenir dans les milieux scolaires et à de nombreuses répétitions.
Pourquoi ne pas prévoir un cours d’éducation sexuelle mensuellement pour tous les élèves du secondaire? Il serait aussi intéressant de former tous les enseignants à aborder le sujet de la sexualité et de la drogue, afin de faire de la prévention sur le terrain, directement avec les jeunes.
En attendant que le gouvernement réagisse, chacun peut faire sa part, que nous soyons enseignants, infirmiers, parents, frères, tantes ou journalistes. Il n’y aura jamais assez de prévention pour éloigner les jeunes de ces fléaux.
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