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La chasse aux sorcières idéologiques

JOLIETTE - 

La pauvreté du débat de société a le dos large au Québec en ce moment. Aussitôt qu’un individu ou un groupe émet une proposition sur la place publique, elle est rapidement catégorisée pour ne pas dire caricaturée.

Plutôt que d’analyser ladite proposition avec recul, circonspection et réflexion et d’y apposer des nuances, ou une contre-proposition, quantité de citoyens et de chroniqueurs à la mode s’efforcent d’étaler toute la rubrique des idéologies politiques à la face du Québec.

Jamais je n’ai autant entendu d’allusions au communisme, à l’anarchisme, au nazisme, au despotisme et j’en passe pour décrire les acteurs sociopolitiques qui nous entourent. Il est devenu pratiquement impossible d’émettre une idée sur la place publique sans que des individus nous classent dans un courant idéologique avec tous les travers historiques qui viennent avec. On ne peut plus être en faveur de la gratuité scolaire sans être un anarcho-communiste comme on ne peut plus être policier sans être adepte de la brutalité et du profilage en tout genre. R-I-D-I-C-U-L-E!

Par-dessus le marché, des empêcheurs de tourner en rond comme Mathieu Bock-Côté ou Normand Lester contribuent au cynisme à l’égard de l’homme envers l’homme en écrivant des pamphlets cinglants qui présentent la société québécoise comme une structure manichéenne où il n’y a aucune place pour la position mitoyenne ou un quelconque idéalisme.

Notre manie de vouloir tout catégoriser et mettre dans une boîte est en voie de nous diviser et d’aliéner notre pensée critique. De moins en moins, les gens proposent des solutions se contentant de juger en usant de raccourci. Certaines personnes ont même peur d’émettre le fond de leur pensée de crainte de se faire accoler une étiquette.

Nous sommes avant tout des êtres humains avec nos tares, nos aspirations, notre passé. Nous sommes déterminés en tant qu’individus par le biais de notre éducation, de nos expériences de vie, de notre environnement social immédiat, etc. Il est très possible d'être à gauche socialement et à droite au niveau de l'immigration, etc. Les gens ne choisissent pas leurs politiques ou positions de prédilection en fonction d'idéologie spécifique.

La différence c’est bien. Elle permet de faire avancer l’humanité par le biais des débats d’idées menant à des compromis et une décision acceptable pour tous. Le conformisme généralisé tue l'initiative et l'avancement. Les compromis sont la base du vivre ensemble et représente le premier élément d’un contrat social digne de ce nom. Cessons de nous diviser en se lançant des caricatures idéologiques au visage. Misons sur le dialogue, la compréhension, le compromis plutôt que sur les préjugés et le manque de respect. Le clivage gauche-droite érigé en tant que chasse aux sorcières plutôt qu’en tant que dialogue social est néfaste pour une société.

 

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