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Beaucoup de sensibilisation chez les gens qui s'injectent

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4 mai 2011
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Par Lysane Sénécal Mastropaolo

L'Association des jeunes de la rue de Joliette distribue du matériel d'injection sécuritaire à 38 consommateurs qui, eux, approvisionnent à leur tour une population estimée à 100 personnes dans la région de Joliette.

Les utilisateurs de drogues par injection (UDI) de Joliette ont en moyenne 25 à 35 ans. Certains sont à la rue, d'autres en logement. La trousse d'injection est disponible dans 41 points de distribution dans Lanaudière, soit les CLSC, pharmacies, centres de santé et organismes communautaires.

François Savoie, coordonnateur à l'Association des jeunes de la rue de Joliette, est aux premières lignes des services offerts à ces gens. «On prend pour acquis que les gens vont s'injecter, qu'on leur donne du matériel stérile ou pas. On travaille avec les utilisateurs de drogues par injection dans une approche de réduction des méfaits.» L'association a donné 33 644 seringues stériles pour l'année 2009-2010.

L'Agence de santé et des services sociaux observe une baisse du taux de transmission des maladies infectieuses chez les gens qui s'injectent dans Lanaudière. Il serait toutefois trop tôt pour établir un lien entre cette diminution et les programmes mis en place à Joliette depuis les vingt dernières années. Une étude effectuée par le centre de recherche du CHUM à Montréal démontre quant à elle que les gens qui obtiennent des seringues stériles dans les centres de distribution sont cinq fois moins susceptibles de contracter les virus du VIH.

Des services contradictoires

Il est plutôt difficile d'avoir un portrait de la situation des gens qui se piquent dans Lanaudière. Comme c'est un milieu changeant et surtout très stigmatisé, les liens avec la communauté sont fragiles. La police vient parfois entraver les actions des travailleurs de rue et infirmières de terrain qui appliquent l'approche de réduction des méfaits. De par leur mandat, les policiers se doivent de faire respecter la loi. Les descentes de police dans les piqueries ont malheureusement pour effet de couper le lien mis en place entre les intervenants sociaux et les consommateurs.

François Savoie de l'Association des jeunes de la rue rappelle que les gens qui s'injectent finissent souvent par s'isoler. «Lorsqu'on rencontre ces gens sur une base régulière, on maintient le lien avec la communauté. Les gens qui récupèrent leur matériel d'injection jouent un rôle positif dans la communauté et c'est un des facteurs qui va permettre de se reprendre en main», assure M. Savoie. Un travail de prévention et d'information est aussi fourni avec la panoplie de services mis en place pour les UDI. Les intervenants vont leur apprendre comment se piquer sans se blesser, ou encore quels sont les contextes sécuritaires pour consommer.

Recherche

L'étude réalisée par le centre de recherche du CHUM démontre l'efficacité des moyens déployés durant la dernière décennie à Montréal pour rejoindre et sensibiliser les UDI à diminuer les impacts négatifs de la consommation par injection sur leur vie. La Dre Julie Bruneau, chargée de la direction de l'étude, voit un lien entre l'application de l'approche de réduction des méfaits mise de l'avant par les politiques de santé depuis une vingtaine d'années au Québec et la régression significative du taux de transmission du VIH chez les UDI.

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