Bilan 2021 des BAQ
La faim continue de progresser au Québec
La faim continue de gagner du terrain au Québec, au point où même des gens en emploi ont parfois besoin d’un peu d’aide pour ne pas aller au lit le ventre vide, démontrent de nouvelles données dévoilées en primeur à La Presse Canadienne par Banques alimentaires du Québec.
Le Bilan−Faim 2021 indique ainsi que, tous services confondus, le réseau des Banques alimentaires du Québec a aidé 21,6 pour cent plus de personnes en 2021 qu’en 2019. On note une augmentation significative de 37 pour cent de la distribution de paniers de provisions.
Le nombre de personnes en emploi qui ont recours aux banques alimentaires a bondi de 40 pour cent.
Il est très préoccupant de constater que même les gens qui ont un emploi et qui sont actifs n’arrivent pas à vaincre l’insécurité alimentaire, a estimé le directeur général de Banques alimentaires du Québec, Martin Munger.
Il rappelle qu’on avait mesuré dès les premiers mois de la pandémie une hausse de 30 à 50 pour cent des demandes d’aide alimentaire.
« Ce que nous apprend la dernière enquête, c’est que cette hausse−là se continue, a−t−il dit. Lorsqu’on a fait cette enquête−là au mois de mars (2021), on constatait qu’il y avait 21,6 pour cent plus de personnes qui fréquentaient les banques alimentaires, c’est−à−dire que c’est plus de 600 000 Québécois qui se tournent chaque mois vers les banques alimentaires du Québec. »
Un peu moins du tiers des participants à l’étude Bilan−Faim 2021 — qui consolide des données socioéconomiques provenant de la presque totalité des 1200 organismes membres du réseau de Banques alimentaires du Québec — ont expliqué avoir eu recours à une aide alimentaire parce qu’ils ne parvenaient pas à couvrir certaines dépenses de base ou parce que leur rémunération ne leur permettait pas de s’alimenter convenablement.
Quarante−trois pour cent des demandeurs d’aide alimentaire sont des personnes qui vivent seules, 40 % sont des ménages avec des enfants et un peu moins de 10 pour cent sont des personnes âgées.
« Ce qu’on constate, c’est que plusieurs personnes n’ont pas suffisamment d’argent pour se nourrir convenablement ou pour nourrir convenablement leur famille, a dit M. Munger. Elles doivent faire des choix. »
Et comme l’alimentation représente une dépense «compressible» quand on la compare au logement, par exemple, ce sera souvent la nourriture qui écopera quand les fins de mois sont plus serrées, a−t−il ajouté.
Si la pandémie peut expliquer une partie de la hausse des recours aux banques alimentaires, l’augmentation du coût de la vie y est également pour quelque chose. M. Munger rappelle aussi que le premier ministre François Legault avait demandé, au début de la crise sanitaire, à la population de ne pas hésiter à demander de l’aide.
«On n’a pas de données précises à ce niveau−là, mais on peut penser que ça a contribué à faire baisser les tabous puisqu’il y a des gens qui avaient déjà des besoins, qui ont surmonté leur gêne et qui ont eu recours aux banques alimentaires», a−t−il dit.
L’organisme rapporte enfin une diminution importante du nombre de denrées disponibles actuellement et lance un appel à l’aide.
Banques alimentaires du Québec soutient et représente quelque 1200 organismes communautaires qui desservent plus de 600 000 personnes chaque mois.
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