Rapport de la Commission de la construction du Québec
La construction, un secteur en forte croissance dans les prochaines années
Par Salle des nouvelles
La Commission de la construction du Québec (CCQ) publie aujourd’hui les Perspectives professionnelles dans l’industrie de la construction 2026-2030. Les données présentées confirment une tendance claire : la construction est un secteur en forte croissance et les besoins de main-d’œuvre dans l’industrie demeureront élevés au cours des prochaines années.
En 2025, l’industrie a enregistré un niveau d’activité soutenu, avec 216,0 millions d’heures travaillées, en hausse de 3 % par rapport à l’année précédente. À moyen terme, la CCQ prévoit que l’industrie atteindra 220 millions d’heures en moyenne pour les quatre prochaines années, comparativement à 211 millions d’heures l’an passé.
Pour la première fois, le nombre de personnes salariées a franchi le seuil des 200 000 travailleurs, une progression appelée à se maintenir pour les prochaines années. Pour les cinq prochaines années, les besoins annuels moyens de main-d’œuvre sont estimés à environ 17 000 personnes. L’an dernier, l’industrie a vu l’ajout de 17 800 nouveaux travailleurs sur les chantiers du Québec.
Des perspectives soutenues par de grands projets structurants dans toutes les régions
Le secteur génie civil et voirie continuera de jouer un rôle clé dans l’activité globale. Les besoins seront particulièrement importants dans le Grand Montréal et dans la région de Québec. Sur la Côte-Nord, les besoins seront en croissance par rapport aux dernières années.
Parmi les projets majeurs en cours ou à venir, on retrouve le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, le remplacement du pont de l’Île-aux-Tourtes, la réfection du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, et le développement de parcs éoliens dans la région de Québec, dont les projets Des Neiges (secteurs sud et Charlevoix).
Dans le secteur industriel, plusieurs projets d’envergure se poursuivent, alors que certaines filières présentent des perspectives plus modérées. Parmi ceux-ci, les phases 2 et 3 de l’usine AP60 à Jonquière et les travaux de décarbonation de Rio Tinto à Sorel-Tracy, prévus jusqu’en 2030.
Le secteur institutionnel et commercial a pour sa part démontré une résilience notable en 2025, malgré un contexte économique incertain. Les investissements devraient se maintenir à un niveau élevé.
Enfin, le secteur résidentiel, après un ralentissement en 2024, a repris de la vigueur en 2025. La combinaison d’une offre insuffisante de logements et de conditions de financement plus favorables devrait soutenir l’activité dans les années à venir.
DES BESOINS DE MAIN-D’ŒUVRE IMPORTANTS ET DURABLES
L’estimation du besoin annuel moyen de main-d’œuvre se base sur la prévision de l’activité économique et tient compte du roulement de la main-d’œuvre, du vieillissement des travailleurs ainsi que d’un nombre de diplômé(e)s encore insuffisant dans plusieurs métiers. Cette estimation permet d’orienter les efforts d’attraction de la main-d’œuvre, notamment auprès des groupes sous-représentés dans l’industrie, en plus d’offrir des indications importantes au réseau scolaire afin de prévoir les places dans les programmes de formation initiale.
La CCQ poursuivra ses efforts, en collaboration avec ses partenaires de l’éducation, de l’emploi, ainsi qu’avec les associations syndicales et patronales afin de répondre à ces besoins et d’assurer la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée, compétente et en nombre suffisant capable de soutenir les projets structurants du Québec.
Le rapport repose sur une analyse réalisée en avril 2026 et couvre les travaux assujettis à la loi R20, excluant la rénovation résidentielle. Il intègre notamment les projets annoncés par HydroQuébec dans le cadre de son Plan d’action 2035, dont les retombées continueront d’influencer les perspectives au fil des prochaines annonces.
On peut consulter le rapport en entier sur le site Web de la CCQ.
« La construction est devenue un levier central pour répondre aux grandes priorités du Québec — habitation, infrastructures, transition énergétique et développement économique. Cette position lui assure une croissance soutenue pour les années à venir. Toutefois, cette croissance ne pourra se concrétiser sans une mobilisation de l’ensemble des acteurs de l’écosystème. Pour relever le défi d’une main-d’œuvre compétente et bâtir une industrie à la hauteur des attentes de la population, nous devons créer les conditions du succès : plus de prévisibilité, une meilleure planification des travaux et une plus grande continuité dans nos projets», précise Audrey Murray, présidente-directrice générale de la Commission de la construction du Québec
« Ce rapport confirme que l’industrie de la construction demeurera au cœur du développement économique du Québec et de la réalisation de nos grands projets. Derrière cette croissance soutenue, il y a un défi majeur : répondre aux importants besoins de main-d’œuvre partout sur le territoire. Comme gouvernement, nous avons déjà mis en place plusieurs mesures pour moderniser l’industrie, faciliter l’accès aux métiers et soutenir la formation de la relève. Et nous allons continuer de travailler avec nos partenaires pour nous assurer que le Québec dispose d’une main-d’œuvre qualifiée en nombre suffisant pour livrer les projets dont les Québécois ont besoin », conclut Jean Boulet, ministre du Travail.
