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Moins d'heures de travail en moyenne

CCQ: besoin de 16 000 travailleurs dans la construction pour 2025-2029

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25 juin 2025
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Par La Presse Canadienne

Les besoins en main-d'oeuvre dans la construction demeureront très élevés de 2025 à 2029, malgré le climat d'incertitude économique et le frein imposé à certains projets d'infrastructures.

Selon les estimations de la Commission de la construction du Québec, le Québec aura besoin de 16 000 travailleurs pour la période 2025 à 2029.

Il y en a déjà 197 997, mais le nombre de 16 000 tient compte des départs prévus de l'industrie, des retraites et des ajouts rendus nécessaires par les projets de construction déjà annoncés.

La CCQ prévoit enregistrer 211 millions d'heures de travail en moyenne, pour les prochaines années, comparativement à 216 millions en 2024.

«C'est vraiment une industrie qui va demeurer effervescente dans les prochaines années. Évidemment, il y a des défis découlant des tarifs, de l'incertitude, de l'imprévisibilité, et c'est la raison pour laquelle ça peut varier», a souligné en entrevue le ministre du Travail, Jean Boulet.

La CCQ a révisé ses prévisions, pour tenir compte de l'incertitude engendrée par les droits de douane des États-Unis contre le Canada, ce qui a freiné les ardeurs de certaines entreprises. «Sur cinq ans, on a diminué d'à peu près 5 millions d'heures/année en moyenne. Pour l'instant, c'est l'hypothèse qu'on fait», a précisé la présidente-directrice générale de la CCQ, Audrey Murray.

Elle rappelle que, malgré cette incertitude, «le gouvernement fédéral a des ambitions d'investir dans des infrastructures canadiennes et il y a également tout le volet de la crise du logement, qui est une priorité pour tous les paliers de gouvernement».

Par secteur

La CCQ s'attend à ce que le secteur résidentiel reprenne de la vitesse, après des années plutôt tranquilles. «Le secteur résidentiel a connu son creux d’activité en 2024, et celui-ci a recommencé à prendre de la vitesse depuis quelques mois. Les mises en chantier ont repris de la vigueur l’an dernier et permettront aux heures travaillées de remonter. À moyen terme, comme l’offre de propriétés est insuffisante et que les taux d’intérêt devraient aider, la construction neuve de nouveaux logements reviendra donc en force et le besoin de nouvelle main-d’œuvre sera encore crucial», estime-t-elle.

Le secteur du génie civil/voirie devrait contribuer amplement à l'activité soutenue dans l'ensemble de l'industrie, qu'on pense à la réfection du tunnel Louis-Hippolyte La Fontaine, au prolongement de la ligne bleue du métro, au remplacement du pont de l'Île-aux-Tourtes et à divers projets d'Hydro-Québec.

Les prévisions pour le secteur industriel ont été revues à la baisse, à cause des pertes subies par les entreprises de la filière batterie, notamment.

Quant au dernier secteur, celui de l'institutionnel/commercial, il a été aussi revu à la baisse. «Le secteur institutionnel et commercial a amorcé une tendance à la baisse depuis quelques mois déjà, et celle-ci se poursuivra en 2025 et en 2026. Malgré les intentions du gouvernement de rehausser les investissements dans les infrastructures institutionnelles, celles-ci ne permettront pas de compenser l’incertitude économique apparue depuis janvier dernier», conclut la CCQ.

Régions, âge et mesures

Trois régions se démarquent par le volume prévu: Montréal, Québec et la Mauricie.

La moyenne d'âge des travailleurs de la construction est de 39 ans, ce qui est plus bas que l'âge moyen dans l'industrie manufacturière.

Mme Murray insiste: «on doit augmenter la part des diplômés» dans l'industrie, notamment parce que ceux qui sont diplômés demeurent plus longtemps dans l'industrie que ceux qui y sont entrés par d'autres voies d'accès.

Le ministre Boulet rappelle que Québec a déjà annoncé plusieurs mesures pour accroître le recrutement dans l'industrie, notamment auprès des femmes, des membres des Premières Nations et Inuits, ainsi que des membres des communautés culturelles.

Il veut aussi accroître l'alternance travail-études et trouver moyen de retenir dans l'industrie ceux qui y sont déjà.

Lia Lévesque, La Presse Canadienne

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