Lanaudière
Un pique-nique des familles-éducatrices pour interpeller les candidats
Une vingtaine de familles-éducatrices de la région de Lanaudière ont organisé vendredi dernier un pique-nique de non rentrée et y ont invité les candidats à l’élection provinciale pour les sensibiliser aux inégalités dont leurs enfants sont victimes.
Les familles leur ont demandé de s’engager pendant la campagne électorale afin que leurs jeunes puissent recevoir les services auxquels ils ont droit via les Centres de services scolaires. C’est le message lancé par les familles-éducatrices de la région de Lanaudière, qui rappellent l’urgence de rétablir un véritable dialogue entre les familles-éducatrices et leur prochain député au pouvoir.
Les familles-éducatrices ne reçoivent pas les services auxquels elles ont droit
La loi garantit aux jeunes scolarisés à la maison certains services offerts par les Centres de services scolaires de la région, ce qui est cependant loin de la réalité sur le terrain, selon elles
Dans un sondage récent auprès de 255 familles-éducatrices, l’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) constate que la majorité des enfants n’ont pas accès à des locaux, des activités, du matériel scolaire ou des ressources. Par exemple, 66% des enfants éduqués à domicile se sont vu refuser l’accès à des professionnels comme des orthopédagogues, des orthophonistes, des psychoéducateurs, des psychologues, des éducateurs spécialisés et des spécialistes en orientation scolaire.
Les familles-éducatrices demandent un véritable dialogue avec le prochain gouvernement
Au Québec, les 8500 enfants éduqués à domicile épargnent au réseau public l’équivalent de 400 classes dans des écoles. En prévision de la campagne électorale, trois engagements sont demandés par les familles-éducatrices aux partis politiques :
1) Réactiver la Table nationale de concertation pour établir un canal de communication efficace entre le ministère de l’Éducation, les CSS et les familles-éducatrices pour s’assurer d’une application juste et adaptée du Règlement sur l’enseignement à la maison au bénéfice des jeunes.
2) Encourager la diplomation des jeunes éduqués à domicile et harmoniser la sanction des études au sein des Centres de services scolaires : mettre en place un système d’évaluation basé sur un ensemble de travaux afin de mesurer l’atteinte des compétences, en complément des examens ministériels, et remédier au vide réglementaire concernant la diplomation pour les jeunes de 16 ans et plus.
3) Réviser le financement accordé aux Centres de services scolaires pour l’éducation à domicile et leur exiger une reddition de comptes claire et transparente afin de garantir que les fonds alloués servent directement aux familles pour soutenir l’éducation des enfants (achat de matériel, inscriptions à des cours, embauche de professionnels, etc.), tout en attribuant 50% des subventions directement aux familles par l’entremise de crédits d’impôt remboursables.
« Nous lançons un appel aux partis politiques et à leurs candidats de prendre des engagements clairs pour les familles-éducatrices ! Nous avons voulu profiter du pique-nique pour inviter les candidats aux prochaines élections provinciales à venir rencontrer les familles-éducatrices, échanger avec elles et découvrir leur réalité. Plusieurs familles étaient présentes et ce fut une belle occasion de créer un contact direct, dans un contexte simple, convivial et rassembleur avec Flavie Trudel (QS, Joliette), Marie-Ève Boucher (PCQ, Rousseau), Rémi Lafrenière (PCQ, Joliette) et Sana Arfaoui (PLQ, Joliette). On trouve dommage que la candidate caquiste de Joliette, Clodine Desrochers, n’ait pas saisi l’occasion d’avoir un contact direct avec les familles. La candidate péquiste de Joliette, Véronique Venne, avait pour sa part déjà reçu une représentante des familles-éducatrices. Avec la campagne électorale, nous espérons pouvoir faire connaître la réalité des jeunes scolarisés à domicile, une clientèle peu connue et trop souvent négligée par le ministère de l’Éducation ainsi que les centres de services scolaires », a déclaré Anaïs Lauzon-Laurin, mère de deux enfants scolarisés à la maison.
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