Pour 2026-2027
Le Syndicat des professionnels dénonce 115 autres abolitions de postes à la CNESST
D’autres abolitions de postes ont été annoncées à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour l’année 2026-2027.
Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec évoque l’équivalent de 115 abolitions de postes supplémentaires annoncées pour l’année à venir, après la vague précédente de 250 abolitions, l’été dernier.
En entrevue mercredi, le président du SPGQ, Guillaume Bouvrette, a dit ne pas savoir encore quels titres d’emplois seraient touchés. Ce syndicat représente notamment les inspecteurs de la CNESST. «On n’a pas de détails là-dessus», affirme-t-il.
On ignore également combien de pertes d’emplois le tout signifiera, puisqu’il peut y avoir des départs volontaires, des départs à la retraite et d’autres formes de réduction des effectifs par attrition.
M. Bouvrette juge «indécentes» ces abolitions de postes, qui s’ajoutent au gel d’embauche annoncé à la fin de l’année 2024.
Il rapporte que la surcharge de travail pour ceux qui restent a déjà entraîné un allongement des délais dans le traitement des dossiers des accidentés du travail.
«Il y a un allongement de délais qui, à la fin, coûte plus cher aux employeurs qui cotisent au Fonds de santé et sécurité. Il n’y a pas d’explication logique derrière ces décisions-là, autre que d’utiliser la Commission, qui est un gros employeur dans l’appareil public, pour atteindre des objectifs et dire qu’on a réduit la taille de l’État. Mais, à la fin, il n’y a personne qui gagne.»
Le dirigeant syndical dit ne pas comprendre pourquoi la CNESST est soumise aux mêmes restrictions budgétaires que la fonction publique, d’autant plus qu’elle n’est pas financée par l’État, mais par les cotisations des employeurs.
«Cette situation est d’autant plus déplorable qu’elle n’améliorera en rien les finances de l’État, puisque la CNESST est autofinancée. Le fonctionnement de la CNESST est essentiellement payé par les employeurs», ajoute le syndicat.
La CNESST réplique
De son côté, la direction de la CNESST a expliqué qu’elle était soumise à la Loi sur la gestion et le contrôle des effectifs des ministères, des organismes et des réseaux du secteur public ainsi que des sociétés d’État.
«La CNESST s’est vue octroyer une cible de réduction d’effectif par le Conseil du trésor qui équivaut à 2,3 % de ses ETC (Équivalents à temps complet), soit environ 110 ETC pour l’année financière du 1er avril 2026 au 31 mars 2027.»
La Commission espère éviter les pertes d’emplois par différents moyens. «Différentes mesures seront envisagées, notamment le non-comblement de postes vacants ou les départs volontaires à venir.» Elle assure que sa priorité demeure de maintenir tous les services.
«Des projets d’optimisation et de transformation sont en cours et partagent les objectifs suivants: poursuivre une amélioration continue du service offert à nos clientèles; préserver la santé et la capacité d’agir de notre personnel; dégager des ETC pour rencontrer la cible et accroître l’agilité de l’organisation», conclut la CNESST.
Lia Lévesque, La Presse Canadienne
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