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Selon des chercheurs de l'Université Laval

Alcool: l'étiquetage donne une fausse impression de santé aux consommateurs

Alcool: l'étiquetage donne une fausse impression de santé aux consommateurs
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Les informations nutritionnelles qu'on retrouve sur certaines boissons alcoolisées portent les consommateurs à conclure, erronément, que ces produits sont bons pour la santé, ont constaté des chercheurs de l'Université Laval.

Dans les faits, a rappelé l'auteure de l'étude, aucune quantité d'alcool n'est sans danger pour la santé.

«L'alcool a vraiment été normalisé dans notre société, donc c'est vraiment un défi de communiquer aux consommateurs quels sont ses effets sur la santé», a dit Lana Vanderlee, qui est professeure à l’École de nutrition de l’Université Laval et chercheuse au Centre NUTRISS de l’institution québécoise.

Au Canada, les boissons dont la teneur en alcool se situe sous 0,5 % doivent afficher un tableau de valeur nutritive sur leur contenant. Les boissons qui contiennent plus de 0,5 % d’alcool sont exemptées de cette obligation, à moins qu’une allégation nutritionnelle ― comme 'moins de sucre' ― figure sur l’étiquette.

Et lorsqu’il y a un tableau, la réglementation exige qu’il ait le même format que celui qui se trouve sur les aliments.

La présence d'un tel tableau sur l'étiquette d'un produit porte toutefois trois personnes sur dix à conclure qu'il s'agit d'un meilleur choix pour la santé qu'un produit qui n'en comporte pas un, ont découvert la professeure Vanderlee et ses collègues.

On dispose de «preuves solides» que l'apposition d'étiquettes d'avertissement sur le devant des bouteilles d'alcool permet de communiquer efficacement aux consommateurs les risques liés à la consommation d'alcool, a rappelé la professeure Vanderlee.

«Mais parallèlement, nous parlons d'informations nutritionnelles, car plusieurs estiment que les consommateurs ont le droit de savoir ce que contiennent leurs boissons alcoolisées, a-t-elle ajouté. Le problème est que ces informations nutritionnelles ont un effet 'halo santé' qui les fait automatiquement apparaître comme saines

On fait donc fausse route en supposant que l'ajout d'informations nutritionnelles sur les boissons alcoolisées permettra aux consommateurs de faire des choix éclairés, a ajouté la professeure Vanderlee, «puisqu'avec l'alcool, le risque est là, peu importe la valeur nutritive».

«Donner à ces produits une apparence de santé n'est vraiment pas ce qu'on cherche comme résultat», a-t-elle dit.

Son équipe et elle ont mené une enquête en ligne auprès d'un peu moins de 4000 personnes. Les chercheurs ont présenté aux participants quatre étiquettes destinées à être apposées à l’arrière d’une bouteille de vin.

La première ne présentait aucune information nutritionnelle alors que la seconde portait un tableau d’information nutritionnelle standard. Les étiquettes 3 et 4 présentaient sensiblement les mêmes informations (calories, sucre), mais l’une sous forme de texte et l’autre sous forme de tableau dont le titre ne faisait pas référence à la nutrition.

Presque le tiers des participants qui ont vu la deuxième étiquette ont ensuite estimé qu'il serait bon pour la santé de boire ce vin. Un participant sur cinq a répondu la même chose pour les étiquettes 1 et 4, et un participant sur quatre pour l'étiquette 3.

Autrement dit, l'étiquette qui affichait le tableau d’information nutritionnelle du même type que celui des aliments était plus susceptible d'inciter les consommateurs à conclure que le produit pouvait être bon pour la santé.

L’information nutritionnelle crée la fausse impression que ces produits peuvent être bons pour la santé, a dénoncé la professeure Vanderlee, «ce qui n’est pas le cas». Elle rappelle que l’alcool est «un facteur important de mortalité et de maladies, dont sept types de cancer, et il n'y a pas de seuil minimal sécuritaire de consommation».

«On trouve les boissons alcoolisées dans nos épiceries, souvent sur les mêmes tablettes que les boissons sucrées ou les boissons énergisantes, a-t-elle conclu. Mais avec l'alcool, on parle d'une substance (qui peut créer une dépendance), psychoactive et (qui est associée) au cancer.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal Preventive Medicine.

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Sur internet:

https://www.ccsa.ca/fr/conseils-outils-et-ressources/consommation-de-substances-et-dependance/alcool/reperes-canadiens-sur

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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