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40% des pompiers ont subi une agression dans les 5 dernières années

Les pompiers sont confrontés à davantage de violence dans leurs fonctions

durée 12h00
22 décembre 2025
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Par La Presse Canadienne

Les pompiers affirment être confrontés à une violence croissante dans l'exercice de leurs fonctions et demandent au gouvernement fédéral de renforcer la législation.

Selon un sondage mené auprès de plus de 117 services d'incendie au Canada, 40 % des pompiers ont subi une agression au cours des cinq dernières années, indique Edward Kelly, président général de l'Association internationale des pompiers (AIP). M. Kelly estime également que les incidents de violence sont sous-déclarés.

«Un pompier de Toronto a été mordu par un patient, a affirmé M. Kelly, lors d'une entrevue le mois dernier. À Winnipeg, nous avons constaté une forte augmentation: 58 incidents ont été signalés cette année seulement.»

La Presse Canadienne a contacté plusieurs syndicats de pompiers à travers le pays, ainsi que des municipalités, afin de savoir s'ils tenaient leurs propres statistiques sur les signalements de violence.

Plusieurs ont refusé de répondre et d'autres ont indiqué ne pas disposer de ces statistiques.

M. Kelly a précisé que les incidents violents peuvent aller des insultes aux agressions physiques et que les conséquences peuvent être mortelles.

«Dans l'Idaho, un individu a allumé un feu, a attiré l'attention des pompiers, puis a ouvert le feu sur eux, tuant deux d'entre eux et en blessant grièvement un troisième. À Kansas City, un ambulancier a été poignardé à l'arrière d'une ambulance et est décédé», a indiqué M. Kelly.

L'AIP affirme que la fréquence de ces incidents violents est en augmentation, un constat partagé par Jeremy Quillian, président de l'Association des pompiers de Moncton.

M. Quillian a expliqué que le nombre de personnes en situation d'itinérance à Moncton a augmenté ces dernières années et que plusieurs d'entre elles ont trouvé refuge dans les zones boisées autour de la ville.

«Il nous arrive d'intervenir dans les bois à la suite de plaintes pour feux ou de signalements de fumée, et nous les surprenons. Ils peuvent devenir verbalement agressifs. Lors de ces interventions, nous constatons qu'ils sont armés pour se protéger», a ajouté M. Quillian.

M. Quillian a précisé que les incidents violents sont également fréquents lors des interventions médicales, notamment en cas de surdose. «Lorsqu’on réveille un patient, il peut se montrer agressif verbalement ou physiquement envers nous.»

Bien que l’Association des pompiers de Moncton ne tienne pas de statistiques précises sur les signalements de ses membres, M. Quillian a indiqué par courriel que les incidents violents ont augmenté lors des interventions, voire même dans les casernes. «Nos membres ont signalé des actes de vandalisme sur leurs véhicules pendant leur service, des altercations verbales et des agressions physiques lors d’interventions.»

Pompier depuis plus de 16 ans, M. Quillian a dit qu’il rencontre les recrues et les membres de son équipe pour leur faire savoir que le métier a évolué au fil des ans. Il a fait valoir qu’il explique aux nouveaux pompiers qu’ils peuvent avoir des questions concernant certaines interventions et qu’un soutien par les pairs est disponible pour discuter de toute situation rencontrée dans le cadre de leur travail.

Pour M. Kelly, la première étape vers un environnement plus sûr vient du gouvernement fédéral. En novembre, M. Kelly s’est rendu du siège social de l’AIP à Washington vers Ottawa pour discuter avec des représentants du renforcement de la législation sur les agressions contre les premiers répondants.

M. Kelly a plaidé en faveur de changements inclus dans deux projets de loi: la Loi sur des mesures de réforme concernant la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine du gouvernement libéral et un projet de loi de l’opposition sénatoriale. Ces deux textes proposent des modifications au Code criminel afin d’offrir aux pompiers une protection similaire à celle des policiers et des employés des transports en commun.

Le projet de loi sénatorial a été déposé en septembre, mais n’a pas encore été débattu à la Chambre des communes.

Le projet de loi du gouvernement sur la réforme de la mise en liberté sous caution, présenté par le ministre de la Justice, Sean Fraser, en octobre, a franchi l’étape de la deuxième lecture et est actuellement examiné par un comité parlementaire.

Dans un courriel, un représentant du ministère de la Justice a affirmé: «Le gouvernement du Canada reconnaît l’importance de protéger le personnel d’urgence contre les actes de violence; chacun mérite de travailler dans un environnement exempt de violence.»

M. Kelly a dit que l’AIP souhaite l’adoption des deux projets de loi.

«Avant tout, nous voulons établir une limite claire, a soutenu M. Kelly. Au Canada, toute agression contre des pompiers ou des ambulanciers paramédicaux sera sévèrement punie.»

Emily Baron Cadloff, La Presse Canadienne

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