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Depuis 2021

Garderies: des solutions portent fruit pour le manque de main-d'oeuvre qualifiée

Garderies: des solutions portent fruit pour le manque de main-d'oeuvre qualifiée
Photo: Canva
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La pénurie de main-d'oeuvre qualifiée dans les services de garde est criante depuis plusieurs années déjà, mais certaines solutions semblent porter leurs fruits. Depuis 2021, plusieurs centaines d'éducatrices et d'éducateurs ont complété leur formation tout en travaillant.

Le Comité sectoriel de main-d’œuvre économie sociale et action communautaire (CSMO-ÉSAC) a lancé deux projets permettant aux éducatrices et éducateurs de se qualifier, en exerçant leur métier.

Selon des données obtenues par La Presse Canadienne, près de 300 éducateurs ont reçu leur diplôme après avoir fait leurs études en même temps que de travailler depuis 2021, et quelques centaines seront qualifiés en 2023-2024. En automne 2023, il y a même eu un record d'inscription: 550 personnes ont posé leur candidature pour le programme Parcours travail-études en petite enfance. 

De plus, 130 autres se sont fait reconnaître leurs acquis dans le cadre du projet RAC96 et des centaines de personnes ont appliqué depuis 2022.

«C'est un métier qui en prend plus qu'on pense», a témoigné en entrevue avec La Presse Canadienne Philippe Julien, âgé de 24 ans, qui a décidé de s'inscrire dans le Parcours travail-études en petite enfance.

«Il faut se lancer à 100 %. Puis, sans les études, c'est comme s'il nous manque tellement d'outils pour nous permettre d'être le meilleur support possible pour les enfants.»

M. Julien est l'un des rares hommes dans son programme à avoir tenu le coup jusqu'à l'obtention du diplôme, car, dit-il, certains se rendent compte en cours de route qu'il s'agit d'un métier très prenant. 

Il dit que dans son cas, son employeuse a été très accommodante pour lui permettre d'affronter les moments les plus difficiles de ses études.

«Le milieu et la société ont tout avantage à avoir des éducateurs qualifiés dans les milieux de garde», a ajouté en entrevue Julie Frappier, directrice du projet RAC96 au CSMO-ÉSAC. 

Une fois qu'ils obtiennent ces diplômes à la fin des programmes, ils sont considérés comme qualifiés. À partir de mars prochain, deux éducatrices sur trois devront avoir cette qualification dans les milieux. Ce ratio avait été diminué pendant la pandémie, ce qui suscitait des critiques quant à la qualité des services pour les enfants.

Mme Frappier note que cette approche est bénéfique tant pour l'employé, qui peut travailler et étudier sans trop empiéter sur sa vie personnelle, et pour l'employeur, qui peut compter sur des éducatrices quelques fois par semaine en situation de pénurie de main-d'oeuvre.

«C'était vraiment de créer des conditions favorables pour inviter le plus grand nombre de personnes, les intéresser à la profession, mais aussi pour avoir des conditions pour dire: "Ok, on va entrer"», a-t-elle expliqué au bout du fil.

Cela permet aussi aux employeurs «d'accéder plus rapidement à des éducateurs, éducatrices diplômées et ensuite qualifiées», a-t-elle ajouté. 

Le mieux pour les enfants

Jennifer Brichet, une jeune éducatrice en congé de maternité, s'est fait reconnaître ses acquis avec le projet RAC96, elle qui travaillait en garderie dans son pays d'origine, la France.

Elle dit avoir opté pour cette approche afin d'améliorer ses compétences, même si elle avait déjà été formée en France.

«Vraiment, ça apporte un plus, parce qu'on a eu des formations avec des professionnels, on a des documents qu'ils nous donnent en référence, je trouve que vraiment ça va améliorer ma perception du métier», a-t-elle soutenu.

Mme Brichet dit que la formation qu'elle a reçue en France était beaucoup moins approfondie que celle du Québec. «C'est vraiment différent, je trouve qu'ici c'est une approche bienveillante au niveau de la petite enfance, ça m'a beaucoup plu

Selon le CSMO-ÉSAC, il manquait en 2021 10 000 éducatrices et éducateurs de la petite enfance pour répondre aux besoins en main-d'oeuvre.

Vicky Fragasso-Marquis, La Presse Canadienne

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