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Environnement

Devant les champs asséchés, le milieu agricole s'inquiète du manque de pluie

Devant les champs asséchés, le milieu agricole s'inquiète du manque de pluie
Photo: La Presse Canadienne, 2023
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Pendant que les forêts nordiques du Québec brûlent, les terres agricoles plus au sud meurent de soif.

Les producteurs agricoles de la Montérégie, de l’Estrie, du Centre-du-Québec et du Bas-Saint-Laurent, notamment, regardent leurs terres asséchées et espèrent des pluies abondantes le plus rapidement possible.

«Il y a de l'inquiétude parce qu'elle vient souvent quand il y a un manque d'eau», explique Martin Caron, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), en entrevue avec La Presse Canadienne.

Ce manque d’eau, si tôt dans la saison, «affecte la croissance au tout début, puis ça risque éventuellement d'affecter la qualité des produits, que ce soit en production de fruits, chez les maraîchers, ou du côté du foin, des fourrages et des céréales, entre autres», poursuit-il. 

Indice d'assèchement élevé

Il est encore trop tôt pour parler d’une situation critique, cependant.

«Nos plantes sont quand même résistantes», précise M. Caron, mais les risques sont bien présents, surtout, dit-il, «qu’il y a un indice d'assèchement un peu plus élevé cette année, qui est aggravé par les vents qu'on a depuis le début de l'année».

La Financière agricole, qui agit en matière de protection du revenu, d’assurance et de financement agricole adaptés à la gestion du risque, évalue les précipitations depuis 1998 et constate qu’elles sont, depuis le 1er avril, en deçà de la moyenne annuelle des 25 dernières années dans les régions mentionnées ci-haut. Toutefois, même si les régions comme l’Outaouais, Laurentides-Lanaudière et autres secteurs inondés ce printemps ont reçu plus de pluie que la moyenne, «on remarque, côté changements climatiques, qu’on reçoit 50 millimètres en un jour ou deux et après, c’est sec», précise le président du syndicat des producteurs.

Utilisation hâtive des réserves d'eau

De plus en plus de producteurs dans le secteur maraîcher, dans la pomme de terre et tous les légumes racines et du côté horticole, se sont dotés de systèmes d’irrigation et ont aménagé des réserves d’eau.

«Déjà, nos producteurs commencent à puiser dans leurs réserves d'eau, tandis que normalement, ils puisent beaucoup plus tard pour faire l’irrigation. Commencer à utiliser les systèmes d’irrigation et les réserves à ce moment-ci, c'est préoccupant», explique Martin Caron.

Lui-même producteur laitier et céréalier, Martin Caron illustre ainsi la situation à laquelle ses collègues sont confrontés: «Si je commence déjà à avoir mes systèmes d’irrigation pour aider, ça peut me mettre à risque si j'arrive un petit peu plus tard à l'automne et que je vais avoir besoin d’eau, mais que mes réserves ne sont pas là ou vont être déjà épuisées, surtout s'il n’y a pas d'autre pluie qui s'en vient.» 

«Pour mes gens, présentement, l’idée de commencer déjà à utiliser des réserves d'eau pour faire de l'irrigation tout de suite les stresse énormément.» 

Investissements coûteux

Pour ceux qui n’ont pas encore investi dans de tels systèmes d’irrigation, le besoin de le faire est confronté à la réalité économique actuelle.

«Nos producteurs ont commencé à s'installer comme ça à cause des changements climatiques. Mais cela implique quand même de gros investissements. Avec la pression actuelle sur l'agriculture en lien avec l'inflation et la hausse des taux d'intérêt, plusieurs producteurs qui voulaient s'équiper cette année pour l’irrigation doivent retarder ces investissements parce qu’il y a un manque de liquidités et, évidemment, le stress est amplifié», raconte-t-il.

«C'est sûr qu'on suit la météo comme vous tous, mais nous on la suit de proche, au quotidien et même aux heures», conclut-il, le sourire dans la voix.

Or, les prévisions météo ne sont pas très encourageantes, sauf pour le Bas-du-Fleuve, où l’on prévoit des précipitations importantes ce mercredi. Dans le sud-ouest du Québec, toutefois, on ne s’attend qu'à un peu de pluie dans les prochains jours, soit certainement pas autant que ne l’espère le milieu agricole. 

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne

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