Une famille malentendante
Cinq générations enfin réunies
Jeannedarc Savard a reçu le plus cadeau pour son 98e anniversaire, soit la chance de finalement pouvoir dorloter la petite dernière de la famille, Emma-Rose, son arrière-arrière-petite-fille, qui a seulement huit mois. La famille, pour la majorité atteinte de surdité, a pu par le fait même immortaliser le moment avec une photo réunissant les cinq générations.
« On était contentes parce qu’on faisait du FaceTime, et grand-maman avait hâte de voir la petite dernière », témoigne Sophie Lévesque, petite-fille de Mme Savard.
Emma-Rose est née en novembre, en plein milieu de la crise sanitaire de COVID-19, et toutes rencontres étaient impossibles.
À ce moment, Mme Savard n’avait pas reçu ses doses de vaccin. Elle aura même attrapé la COVID-19 à la fin de l’hiver, mais elle s’est tout de même bien tirée.
« On était toutes vaccinées deux doses à part la petite, ce qui nous a permis de faire cette belle photo-là », ajoute Mme Lévesque. Bien que l’aînée de la famille ait eu pas moins de 9 enfants, la photo réunissait la lignée directe de mère en fille. Emma-Rose est ainsi son deuxième arrière-arrière-petit-enfant.
Une famille hors du commun
Mme Savard est sourde de naissance et s’est mariée avec un homme qui l’était aussi. Ce dernier travaillait pour les moteurs d’avion General Motors tandis qu’elle est restée pour sa part à la maison pour s’occuper des enfants.
Sur les 9 enfants, 2 sont malentendants. Ils sont d’ailleurs la plus grande famille d’implantés cochléaires au Québec. « Dans la famille, on doit être rendu à une vingtaine d’implantés cochléaires, les enfants, c’est même rendu aux petits-enfants qui le sont aussi », dénote Sophie Lévesque.
Le couple, parlant la langue des signes, n’a toutefois jamais voulu transmettre ce savoir à leurs progénitures. « Ils ne voulaient pas que leurs enfants soient différents, alors on a tous appris le langage labial. Finalement, on a presque notre propre langue en famille avec nos propres signes », précise-t-elle.
Mme Savard, qui habitait depuis une dizaine d’années avec l’une de ses filles après le décès de son mari, demeure maintenant dans une résidence privée en raison de la pandémie l’ayant affectée.
Elle continue malgré tout de communiquer grâce aux réseaux sociaux avec sa famille, dont une partie est toujours au Lac-Saint-Jean.
Les cinq générations réunies restent cependant toutes dans Lanaudière, à Mascouche, Rawdon, Chertsey, ainsi que Sainte-Julienne.
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