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Selon eux, la nécessité de prendre le temps à la compréhension des impacts et à l’acceptabilité sociale est reconnue

Les Atikamekw reconnaissent dans l’avis du BAPE le respect des droits autochtones

À la lumière du rapport du BAPE, le CNA et le CDAM s’inquiètent également de la disparition progressive des savoirs traditionnels qui accompagne l’accaparement des écosystèmes naturels. Ici, le lac Taureau est concerné.
Photo: Courtoisie À la lumière du rapport du BAPE, le CNA et le CDAM s’inquiètent également de la disparition progressive des savoirs traditionnels qui accompagne l’accaparement des écosystèmes naturels. Ici, le lac Taureau est concerné.
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Le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) et le Conseil des Atikamekw de Manawan (CDAM) ont pu faire une première lecture du rapport sur le projet minier Matawinie aujourd’hui rendu public par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Alors que le CNA et le CDAM finaliseront au cours des prochains jours l’analyse des recommandations, ils entrevoient déjà une ouverture rassurante sur la nécessité de prendre en compte les perspectives et les préoccupations des Atikamekw, considérant que ce projet minier est installé sur le territoire ancestral Atikamekw.

Exclusion de l'avis des peuples

Le CNA et le CDAM restent néanmoins sur la déception de ne pas avoir été entendus dans le cadre des audiences publiques du BAPE. « Quand on exclut l’avis des peuples dont la vie dépend d’écosystèmes fragilisés par l’exploitation de ressources naturelles, il n’est pas possible de prétendre la moindre défense de l’environnement », a déclaré Constant Awashish, Grand Chef de la Nation Atikamekw.

La pertinence de compléter les savoirs scientifiques avec les savoirs ancestraux pour la protection des milieux naturels est établie et le fait que les Atikamekw ne peuvent s’exprimer publiquement est un manquement à l’analyse du BAPE, le respect des droits fondamentaux des autochtones étant intimement lié au respect de l’environnement.

Le BAPE recommande néanmoins au ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) l’organisation de consultations complémentaires avec les Atikamekw. Le CNA et le CDAM saluent également un appel à la prudence en ce qui a trait à certaines considérations environnementales et à l’impact sur le tourisme régional.

L’importance soulignée dans le rapport de prévoir des dispositions complètes à la fermeture de la mine et de mettre en œuvre un Plan d’intégration favorable à la qualité de l’Entente des répercussions et des avantages avec les Atikamekw est également positive.

Considérer les divers impacts

Le CNA et le CDAM rappellent que les destructions répétées des territoires ancestraux par des projets industriels miniers ou forestiers ont présenté au fil du temps des impacts durables sur le bien-être et la
souveraineté alimentaire des Atikamekw. Le CNA et le CDAM s’inquiètent également de la disparition progressive des savoirs traditionnels qui accompagne l’accaparement des écosystèmes naturels.

« La mine est installée sur un territoire où les autochtones se trouvent aussi être les gardiens d’un patrimoine culturel vivant. Les aînés sur ce territoire doivent être entendus. C’est important à l’heure où la diversité humaine et la diversité des savoirs sont en danger » selon Paul-Émile Ottawa, Chef de la communauté de Manawan.

Le CNA et le CDAM ne s’opposent pas au développement économique. Cependant, la partialité et la superficialité avec laquelle les autochtones sont trop souvent consultés briment leur autodétermination. « Les Atikamekw ne peuvent pas troquer leurs droits fondamentaux et l’accès à leur territoire pour quelques jobs. Il est temps que le développement durable prenne une autre hauteur et nous espérons que le gouvernement saura prendre cette direction au cours des prochains mois », a ajouté Constant Awashish.

 

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