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Un paulois dans l’enfer des incendies de Fort McMurray

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11 mai 2016
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Guy Latour
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Par Guy Latour, Journaliste

Un résident de Saint-Paul a dû emprunter 5000$ pour fuir un camp de travailleurs qui a accueilli les familles réfugiées de Fort McMurray.

Simon Bélanger est un employé de la firme Suncor. Il est gérant des opérations pour les menuisiers. Lorsque les incendies de forêt ont éclaté le 2 mai, il travaillait à Fort Hills, à 90 kilomètres au nord de Fort McMurray.

« Durant notre quart de travail de 12 heures, notre employeur nous a demandé de revenir à notre camp, situé à sept kilomètres de là », a expliqué Simon, en entrevue téléphonique au Journal.

Au cours des premières heures, la situation semblait sous contrôle. Mais plus le temps passait, plus l’inquiétude grandissait.  « La fumée était omniprésente dehors. Il neigeait de la cendre. C’était une vision apocalyptique », a-t-il ajouté.

Lorsque les familles, enfants et animaux évacuées de Fort McMurray arrivent au camp de travail où demeure Simon Bélanger, tout se passe bien. Mais au bout de trois jours, le manque d’eau et de nourriture font en sorte que la tension monte. « Les machines à cigarettes et à nourriture étaient à sec. Lors de mon dernier repas au camp, je n’ai avalé qu’un sandwich avec un peu de soupe au tomate ». a-t-il témoigné.

Sauvé par sa famille

Voulant quitter à tout prix son camp de travail, comme plusieurs autres de ses collègues, Simon Bélanger se confie à son frère Pascal et sa sœur Audrey. « J’étais convaincu de ne plus revoir ma femme et mes enfants. C’était ça ou je mourrais ».

Toute la famille Bélanger, comprenant son père, sa mère, sa soeur Audrey, et son frère Pascal ont accepté de lui prêter 5000$ afin de louer un hélicoptère qui permettrait de quitter les lieux avec un collègue, Brian York. « Il fallait attendre, cependant, que le vent tourne de bord. Sinon ça aurait été trop risqué », raconte-t-il. Ils ont pu quitter le camp en fin de journée le 4 mai.

Pascal Bélanger a aidé moralement Simon à se sortir de cette situation difficile. Sa connaissance du trafic aérien a été très utile pour organiser ce départ en catastrophe. 

« Ça nous a vraiment rapprochés. Sans eux, je ne sais pas où je serais aujourd’hui. Surtout que l’aéroport, où l’hélicoptère est venu me chercher moi et un collègue, a été détruit par l’incendie », a-t-il souligné avec émotion

Simon Bélanger est cependant très inquiet. Depuis son retour à Edmonton (il demeure chez son père à Saint-Paul lorsqu’il est au Québec), il est sans le sou, il a perdu son emploi en plus d’avoir une dette de 5000$. « J’essaie de trouver un emploi mais c’est très dur. Je n’ai plus d’argent. Je ne sais pas ce que je vais faire », a-t-il conclu.

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