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Des maisons de thérapie menacées de fermeture

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13 janvier 2016
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Guy Latour
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Par Guy Latour, Journaliste

En raison des changements apportés lors de la récente réforme de l’aide sociale, au cours des derniers mois, plusieurs maisons de thérapie non-subventionnées sont menacées de fermeture.

Le Journal de Montréal annonçait, le 12 janvier, la fermeture définitive du centre Mélaric à Saint-André-D’Argenteuil, une véritable institution des centres de toxicomanie au Québec.

Dans Lanaudière, le Centre Nouveau-Regard, de Notre-Dame-de-Lourdes, et Nouvelle-Vie, de Saint-Jean-de-Matha, éprouvent de très sérieuses difficultés financière qui mettent en péril leur avenir à moyen terme.

« On parle d’un manque à gagner de 10 à 15 000$ mensuellement », affirme Yvan Vachon, fondateur et directeur du Centre Nouvelle-Vie.  « Les nouvelles mesures font en sorte qu’il nous manque 75 000$ annuellement », ajoute Louis Gravel du Centre Nouveau-Regard.

En janvier 2015, le ministère du Travail, de l’Emploi et la Solidarité Sociale a annoncé que les prestataires d’aide sociale qui recevaient une prestation spéciale pour payer les frais de séjours dans un centre de désintoxication reconnus par l’État, recevraient, à compter du 1er mai 2015, une allocation personnelle de 200$ par mois, afin de remplacer l’aide actuelle.

Actuellement, les centres de thérapie reçoivent 37$ par jour par usager, pour une chambre de plus de trois lits ainsi que  50$ pour ceux qui sont en chambre semi-privée. Le coût réel serait de 60$ et sert à couvrir les repas et l’hébergement, mais pas les frais de thérapie.

«Stressant»

Depuis cette date, le Centre Nouveau-Regard et le Centre Nouvelle-Vie en arrachent sur le plan financier. « On fonctionne avec le strict minimum. On est plus capable d’arriver. On est en mode survie », reconnaît M. Gravel, dont son centre a dû mettre à pied cinq employés à temps partiel.  

« On a une baisse de 20% des demandes. On a dû restructurer le budget et les horaires. C’est stressant pour tout le monde. Ça devient même épuisant », avoue M. Vachon qui a dû sabrer dans les frais de transport.

Avant les coupures du 1er mai 2015, les usagers payaient en moyenne environ 300$ mensuellement pour payer les frais de la thérapie dans les deux centres du nord de Lanaudière.

Bien que les deux centres organisent des activités de financement, on est très inquiet pour les prochains mois.  « Si ça continue comme ça, on aura pas le choix de faire comme Mélaric. Les centres de thérapie en ont fait beaucoup en raison des coupures budgétaires des dernières années. On espère que le gouvernement Couillard va nous entendre et nous aider », lance Yvan Vachon.

Devant l’urgence de la situation, l’Association Provinciale des Organismes en Dépendance (APOD) a demandé une rencontre d’urgence avec le ministre du Travail, de l’Emploi et la Solidarité Sociale, Sam Hamad, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, et la ministre déléguée à la Santé, Lucie Charlebois.  

Une rencontre avec Mme Charlebois a eu lieu à l’automne dernier mais le dossier n’a pas progressé depuis.

 

 

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