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« Je ne veux pas partir »

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25 avril 2014
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Par Guy Latour
JOLIETTE - 

C’est un véritable cri du cœur qu’Armand Roussin a lancé après avoir reçu une lettre lui annonçant que son bail n’était pas renouvelé dans la maison qu’il a fondée il y plus de 15 ans, en raison d’un nombre trop élevé d’heures de soins.

« Je ne veux pas partir. Je suis ici depuis l’ouverture de la maison. Je ne peux pas laisser une telle décision comme ça. Est-ce vraiment nécessaire de m’expulser? », a-t-il mentionné au journal, dans son minuscule appartement de Joliette. M.Roussin, qui a maintenant 60 ans, est atteint de tétraplégie, en raison de sa sclérose en plaques.

Récemment, le conseil d’administration de la maison l’a informé qu’il ne pourrait rester dans son logement adapté à sa condition, car il a besoin de plus de 35 heures de soins. Selon des documents de la résidence, M.Roussin aurait besoin de 39 heures et demie de soins par semaine.

« Nous avons placé la limite à 35 heures, car c’est la même que celle du Centre de santé et de services sociaux (CSSS). Ça nous désole de prendre une telle décision », affirme pour sa part, Michel Coutu, président du conseil d’administration de la Maison d’à côté.

« Ici je me sens chez moi et tout est adapté. Je me sens libre. Ce n’est pas pareil quand on reste dans un CHLSD », a lancé M.Roussin.

Trois personnes touchées

La situation d’Armand Roussin n’est pas unique. Deux autres résidents de la Maison d’à côté sont touchés par cette décision de limiter à 35 heures par semaine, les soins pour un usager.

Ces deux résidents sont actuellement en processus de relocalisation. Pour ce qui est M.Roussin, ce dernier entend se battre jusqu’au bout pour demeurer dans son logement adapté.

Actuellement, la communication entre Armand Roussin et la direction se fait par l’entremise de l’avocat de sa famille, Me Jean-Pierre Ménard.

De son côté, la directrice générale de la Maison d’à côté, Gaétane Lefebvre, souligne que la résidence souffre de sous-financement depuis son ouverture. « Nous avons eu un déficit de plus de 25 000 $ annuellement. Lorsque je suis entré en poste, en 2013, il a fallu revoir toutes les politiques au niveau de la gestion des opérations, des finances et des soins », précise Mme Lefebvre.

Elle ajoute que plus de 75% de la clientèle souffre de maladies dégénératives, ce qui demande plus d’heures de soins à mesure que la maladie évolue.

 

Le CSSS doit clarifier la situation

Actuellement, une aidante naturelle s’occupe d’Armand Roussin entre 20 et 25 heures par semaine.

«Il n'y a personne, aux Maisons d'à côté, que ce soit les aidants naturels ou les proches aidants, qui se sont vu confier des soins par le CSSS», précise Michel Coutu, président du conseil d’administration.

De son côté, l’avocat de la famille d’Armand Roussin, Me Jean-Pierre Ménard, croit qu’il s'agit d'une mauvaise interprétation de la loi. «Ça fait des années que la proche aidante fait ça. Elle a tout à fait le droit de le faire. C'est absolument une hérésie, ce qu'on fait là. C'est carrément illégal», a-t-il déclaré.

Michel Coutu souhaite que le CSSS clarifie sa position concernant cet aspect.

Du côté du CSSSNL, on explique que Les Maisons d’à côté sont un organisme sans but lucratif, autonome, donc libre de prendre les décisions qu’il juge appropriées pour la clientèle qu’il dessert, et ce, en fonction des ressources dont il dispose.

Cela dit, compte tenu de sa responsabilité populationnelle, s’il advenait qu’une décision d’un organisme compromettait la sécurité des résidents, alors, le CSSS pourrait intervenir.

 

<I>Avec la collaboration de TVA nouvelles</I>

 

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