Trop facile de s’en procurer selon les commerçants

Par Mathieu Ferland
Selon certains détaillants de la région de Joliette, le poivre de Cayenne serait une arme trop facile à se procurer, alors qu’aucune règlementation n’encadre la vente de ce produit impliqué dans une agression le 16 janvier dernier.
« C’est un produit qui n’est pas fait pour être utilisé en société », explique Mélanie Brissette, copropriétaire de la boutique La Gélinotte, spécialisée notamment dans les articles de chasse. Mme Brissette soutient que ce produit est dangereux et malheureusement trop facile à se procurer. Existant en différentes tailles, les bonbonnes de poivre peuvent être suffisamment puissantes pour repousser un ours de bonne taille. Mme Brissette ajoute que lorsqu’un client veut faire l’achat de ces bonbonnes en particulier, il se doit de remplir un formulaire. Elle précise toutefois que même en cas de refus de fournir ces informations, la vente a tout de même lieu. « Il n’y a aucun registre concernant la vente de poivre de Cayenne au Québec », ajoute-t-elle.
Le Journal s’est entretenu avec d’autres commerçants de Joliette, qui abondent tous dans le même sens. « Il faut que le gouvernement s’en mêle sinon n’importe qui peut s’en procurer » ajoute un propriétaire souhaitant rester anonyme.
Surveillance de la clientèle
Mélanie Brissette explique que son commerce refuse systématiquement la vente de ce produit aux mineurs. D’autres entreprises de la région refusent quant à elles de disposer les bonbonnes de poivre de Cayenne à la vue de tous. « Je préfère en vendre moins et dormir la conscience tranquille », raconte un propriétaire de commerce. Les commerçants interrogés ont par ailleurs adopté une ligne de conduite similaire alors qu’ils refusent de vendre ce produit aux mineurs. Certains commerçants exigent même un permis de chasse pour s’en procurer.