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Aucune aide pour les hommes victimes de violence conjugale

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18 juillet 2012
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Par Mathieu Ferland
JOLIETTE - 

Il n’existe aucun recours dans Lanaudière pour les hommes victimes de violence conjugale alors que depuis 2000, les cas déclarés de violence conjugale envers les hommes sont en hausse de 23%.

Au Centre d’aide aux hommes de Lanaudière (CAHo), qui prend en charge les hommes au comportement violent, le nombre d’appels de victimes masculines de violence conjugale ne cesse d’augmenter. Son directeur, Daniel Blanchette, explique que le CAHo n’est pas financé pour venir en aide aux victimes, et que malheureusement, ils ne peuvent rien pour eux. Selon M. Blanchette, la hausse constante du nombre de plaintes pour violence conjugale s’explique simplement par un plus grand nombre d’hommes victimes qui souhaitent sortir de l’ombre. « Le problème est réel, mais une reconnaissance sociale de la problématique est nécessaire pour voir la situation évoluer. » Il ajoute qu’un trop grand nombre de victimes gardent le silence par peur du ridicule. Pour Daniel Blanchette, le manque flagrant de ressources dans ce domaine se traduit inévitablement par des coûts supplémentaires en santé ainsi qu’au niveau judiciaire en plus de se traduire par une augmentation significative du taux d’absentéisme et une baisse de productivité au travail.

Sur le territoire lanaudois, il existe plus d’une douzaine de centres d’aide pour les femmes en difficulté. L’Agence de santé et des services sociaux de Lanaudière a confirmé qu’il n’existe aucun organisme financé pour venir en aide aux hommes victimes de violence conjugale. La seule alternative envisageable pourrait être le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels.

Des chiffres révélateurs

Les plus récentes statistiques émises par le ministère de la Sécurité publique annoncent qu’entre 17% et 19% des plaintes pour violence conjugale sont logée par des hommes. Le directeur du CAHo, quant à lui, avance que si toutes les victimes portaient plainte, ces chiffres pourraient grimper jusqu’à 37% des plaintes. Une hypothèse que partage la Sûreté du Québec et son porte-parole, Martin Melançon.

Le ministère explique que parmi les facteurs pouvant expliquer cette évolution chez les hommes, mentionnons une prise de conscience du fait qu’ils peuvent aussi être victimes de cette forme de violence et demander de l’aide. À cet égard, mentionnons que l’augmentation des infractions envers les hommes semble provenir de crimes entre conjoints. La proportion de conjoints parmi les hommes victimes est passée graduellement de 35 % à 42 % entre 2000 et 2009, alors que les proportions d’ex-conjoints et d’amis ou ex-amis intimes ont diminué pendant cette période.

Rien à voir avec la force physique

Le sergent Martin Melançon, de la Sûreté du Québec, souligne de son côté que les cas de violence conjugale n’ont rien à voir avec la force physique des personnes impliquées. « Parfois, nous sommes appelés sur des cas où l’homme est tout simplement dépassé par la situation et incapable physiquement de répliquer. » Il ajoute qu’à la SQ, il existe un protocole très strict en cas de présomption de cas de violence conjugale. « Les agents sont habilités à procéder à une arrestation s’ils sont persuadés qu’une personne a été la cible de violence conjugale, même si la victime refuse de porter plainte. »

Le sergent Melançon apporte quand même une nuance dans les cas de violence conjugale faite aux hommes. « Très souvent il s’agit de violence psychologique, et non de violence physique. Les cas de violence physique sont nombreux, mais moins que la violence psychologique. »

 

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