Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Aide financière de transition

François Legault: «il y a une crise en agriculture actuellement»

François Legault: «il y a une crise en agriculture actuellement»
Photo: La Presse Canadienne, 2024
durée

Le premier ministre François Legault qualifie désormais de «crise» les difficultés que traversent les agriculteurs du Québec et compte les aider davantage, notamment en assouplissant certaines règles et en fournissant de «l’aide financière de transition».

Une vingtaine d’agriculteurs attendaient François Legault,  jeudi matin à Henryville en Montérégie, devant un centre communautaire où le premier ministre rencontrait des élus de cette région agricole.

Certains agriculteurs qui dénoncent l’inflation, la réglementation et la chute de leurs revenus avaient utilisé leur machinerie agricole pour attirer l’attention du premier ministre. «L’agriculture, enfant, on y rêve, mais adulte, on en crève», pouvait-on lire sur une pancarte transportée par un tracteur.

Après une rencontre avec des élus de la circonscription, François Legault s’est présenté devant les manifestants.

«Je suis très conscient que l'été 2023 a été catastrophique. Je sais aussi que l'inflation dans les intrants, ça vous coûte cher. Les augmentations de taux d'intérêt, ça coûte cher», a reconnu le premier ministre en indiquant que la Financière agricole les aidera.

Il faisait ainsi référence à l’organisme qui assure la production des agriculteurs et qui versera 1 milliard $ pour compenser les pertes de 2023 des producteurs.

Émilie Bellefroid, qui produit de grandes cultures, des produits maraîchers et qui élève des animaux, mais qui peine à se payer un salaire, a expliqué au premier ministre «qu’avec un salaire minimum de 15,75 $ de l’heure pour la main-d’œuvre», il n’y «a aucune façon d’être compétitif» avec les producteurs agricoles de l’étranger «qui paient leurs employés 6 $ la journée».

«C’est la même botte d'oignons verts, la même tonne de maïs, la même récolte» et «on parle juste des salaires, on ne parle pas de tous les intrants et de tous les autres facteurs qui entrent en compte», a fait valoir l’agricultrice avant de lancer au premier ministre: «C’est bien d’en parler, mais avez-vous une solution?»

En premier lieu, a répondu François Legault, «on a donné de l’aide, mais il va falloir en donner plus», ensuite, «à moyen terme, le coût de la main-d’œuvre va augmenter ailleurs aussi», a indiqué le premier ministre en ajoutant que le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, «regarde» des façons «d’offrir de l’aide directe pour la transition».

«Le papier, on ne peut pas se nourrir avec»

Les agriculteurs s’inquiètent également des modifications proposées dans un projet de loi omnibus qui concerne 24 règlements sous la responsabilité du ministère de l’Environnement, incluant le Règlement sur les exploitations agricoles (REA), le Code de gestion des pesticides, le Règlement sur les permis et les certificats pour la vente et l’utilisation des pesticides ainsi que le Règlement sur les espèces floristiques menacées ou vulnérables et leurs habitats.

Ces changements obligeront les agriculteurs à modifier leurs façons de travailler.

«Les délais pour ces changements sont beaucoup trop courts», a expliqué Émilie Bellefroid, qui se plaint, comme les autres agriculteurs qui l’accompagnaient, de toute la «paperasse» que les producteurs doivent remplir chaque semaine.

«Les gens sont tannés de faire de la paperasse. Le papier, on ne peut pas se nourrir avec», a lancé l'agricultrice.

Un autre agriculteur s'est plaint de devoir consacrer une journée chaque semaine entièrement à «la paperasse».

Assouplissement des règles

Les agriculteurs dénoncent la concurrence des producteurs de pays étrangers où les salaires sont moins élevés, mais aussi où les normes environnementales sont moins strictes.

Le premier ministre a fait référence à ces doléances lors d’un point de presse avant de rencontrer les agriculteurs. «Il y a beaucoup trop de paperasse, beaucoup trop de règlements et c'est difficile pour les producteurs québécois d'être compétitifs avec les producteurs ontariens, américains, les producteurs d'autres provinces ou pays qui ont des normes environnementales moins strictes qu'au Québec», a-t-il dit.

François Legault propose donc «d’assouplir certaines règles», sans préciser lesquelles, et demande aussi au gouvernement fédéral d’intervenir.

«J'en ai profité en fin de semaine dernière pour en parler avec Justin Trudeau, parce qu'évidemment ça touche le gouvernement fédéral. Doit-on augmenter les exigences sur les produits importés? Doit-on assouplir nos règles? Je pense qu’il faut faire les deux.»

Durant ce point de presse, François Legault a utilisé le mot «crise» pour parler de la situation en agriculture.

«Je vais être bien claire, là, il y a une crise en agriculture actuellement.»

Les agriculteurs sont confrontés à une baisse désastreuse de leurs revenus et à des événements climatiques extrêmes et des manifestations ont eu lieu dans différentes régions de la province dans les dernières semaines.

Selon les prévisions du ministère fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, le revenu net agricole québécois passera de 959 millions $ en 2022 à 66 millions $ en 2024, du jamais vu depuis 1938.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Changement climatique: 425 millions $ pour aider les propriétaires à s'adapter
Publié à 15h00

Changement climatique: 425 millions $ pour aider les propriétaires à s'adapter

Le gouvernement du Québec a annoncé un financement de 425 millions $ sur cinq ans pour aider les propriétaires à réaliser des travaux de rénovation pour s’adapter au changement climatique. La ministre de l’Environnement, Pascale Déry, était de passage dans un parc de Longueuil lundi après-midi pour annoncer le nouveau financement voué ...

Le Bloc défend le pouvoir d’achat des aînés
Publié à 13h45

Le Bloc défend le pouvoir d’achat des aînés

Les débats sur la nouvelle mouture du projet de loi bloquiste demandant un traitement équitable pour tous les aînés de 65 ans et plus admissibles à la pension de la Sécurité de la vieillesse s’amorçaient ce 3 juin. Le député de Joliette-Manawan, Gabriel Ste- Marie confirme que le Bloc Québécois entend déployer tous les efforts afin de ...

Une découverte de Polytechnique pourrait réduire la consommation d'énergie de l'IA
Publié à 13h00

Une découverte de Polytechnique pourrait réduire la consommation d'énergie de l'IA

Une équipe de Polytechnique Montréal a identifié un nouveau matériau organique qui pourrait augmenter de manière significative la performance des puces photoniques, sans pour autant nécessiter de modifications majeures aux infrastructures déjà en place. Cela pourrait un jour réduire la consommation d'électricité des centres de données et ...