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Comme la «FEMA» aux États-Unis

Ottawa songe à créer une agence nationale d'intervention en cas de catastrophe

Ottawa songe à créer une «agence nationale d'intervention en cas de catastrophe»
Photo: La Presse Canadienne
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Le premier ministre Justin Trudeau a reconnu mercredi que son gouvernement jonglait avec l'idée de créer une «agence nationale d'intervention en cas de catastrophe», à l'image de la «FEMA» aux États-Unis.

Et une source gouvernementale de haut rang a confirmé à La Presse Canadienne que ces discussions comprenaient l'analyse de modèles comme l'Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA) aux États-Unis.

La FEMA supervise les programmes du gouvernement américain pour se préparer, prévenir, réagir et se remettre des catastrophes naturelles, des attaques terroristes et d'autres incidents majeurs.

Au Canada, les interventions initiales en cas de catastrophe relèvent actuellement de la responsabilité des gouvernements municipaux et provinciaux, qui peuvent ensuite au besoin demander l'aide d'Ottawa. Le plus souvent, cela implique le déploiement des Forces armées canadiennes. 

Lorsque l'armée intervient, l'opération relève du plan d'urgence «Lentus». Les documents de l'armée montrent que des opérations Lentus ont été déclenchées 21 fois entre 2018 et 2022, sans compter les 118 demandes d'aide militaire en 2020 pour répondre à la COVID-19.

Le chef d'état-major de la Défense, le général Wayne Eyre, a toutefois prévenu que la forte demande d'aide en cas de catastrophe mettait à rude épreuve la capacité globale des Forces armées. 

Plus de 500 soldats et spécialistes militaires sont actuellement déployés en Alberta, au Québec et en Nouvelle-Écosse pour lutter contre les incendies et assurer la sécurité de la population. 

«Nous devons continuer à nous assurer que nous faisons tout notre possible pour assurer la sécurité des Canadiens lorsque ces événements météorologiques extrêmes se produisent, a indiqué mercredi le premier ministre Trudeau, lors d'un point de presse à Ottawa. Mais nous devons également nous assurer que nous faisons tout ce que nous pouvons pour prévoir, protéger et agir avant que d'autres de ces événements ne se produisent. Nous continuons donc à discuter et à examiner de nouveaux mécanismes et de nouvelles façons de le faire», a-t-il ajouté.

«On va faire face à de plus en plus d'événements météorologiques extrêmes, qui vont être de plus en plus chers en coûts pour les familles, pour les communautés et aussi pour notre pays, a souligné le premier ministre. Comment on va se doter des capacités de répondre à ces urgences, mais aussi, en même temps, comment on va s'assurer de minimiser l'impact pour les décennies à venir de ces événements, ça, c'est en continuant notre lutte contre les changements climatiques.»

Un ciel jaunâtre 
Un ciel brumeux teinté d'une étrange lueur jaune a de nouveau accueilli des millions de Canadiens au Québec et en Ontario au réveil mercredi matin, alors que la fumée des centaines d'incendies de forêt continuait de provoquer des avertissements sur la qualité de l'air dans le corridor le plus peuplé du Canada.

En matinée, la «cote air santé» d'Environnement Canada classait Ottawa et Gatineau comme les pires villes au Canada, suivies de près par des villes de l'est de l'Ontario — Kingston, Cornwall et Belleville. Les résidants de ces villes étaient encouragés à limiter leurs activités de plein air et les personnes les plus vulnérables à la fumée ont été invitées à les éviter complètement.

La fumée était si épaisse au centre-ville d'Ottawa que les tours de bureaux de Gatineau étaient à peine visibles à quelques centaines de mètres de l'autre côté de la rivière des Outaouais.

Ironie du calendrier, c'était mercredi la Journée nationale de l'air pur au Canada, alors que la qualité de l'air était parmi les pires que le pays ait jamais connues. 

Le ministre de la Protection civile, Bill Blair, a déclaré que plus de 400 incendies brûlaient à travers le pays mercredi, et que plus de la moitié d'entre eux n'étaient toujours pas maîtrisés. La superficie de terres brûlées a dépassé la barre des 40 000 kilomètres carrés, faisant de 2023 la quatrième pire saison des incendies au Canada jamais enregistrée avant même le début officiel de l'été. Au rythme actuel de combustion, le record de tous les temps sera battu la semaine prochaine.

Bien que la majorité des incendies brûlent dans le nord et l'ouest du Québec, la fumée affecte une grande partie du corridor Montréal-Windsor et provoque des avertissements sur la qualité de l'air aussi loin au sud que New York et même Washington.

À Ottawa et dans la région de York, au nord de Toronto, les conseils scolaires ont annulé les récréations extérieures et les ligues sportives ont annulé les matchs et les entraînements. Le conseil scolaire du district de Toronto a déclaré que toutes les activités de plein air «ardues» seraient reportées ou déplacées à l'intérieur lorsque cela serait possible.

La Presse Canadienne

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