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Le Québec est un membre à part entière

La Francophonie se réunit en Tunisie dans un contexte international tendu

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17 novembre 2022
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Par La Presse Canadienne

Les pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se réunissent samedi et dimanche à Djerba, en Tunisie, dans un contexte international tendu.

Il ne serait pas surprenant que la guerre en Ukraine s'invite dans les discussions; la plupart des pays membres de l'organisation ont comme seule source de blé l'Ukraine ou la Russie.

«Il va y avoir des questions géopolitiques fort importantes qui vont se poser, affirme en entrevue le politicologue Frédéric Boily, de l'Université d'Alberta. Les questions alimentaires du côté de l'Afrique sont pas mal criantes.»

Officiellement, ce sommet vise à mettre de l'avant le numérique comme accélérateur de développement. Mais le Canada souhaitait que l'événement soit à nouveau repoussé, en raison de la situation politique en Tunisie. 

Il avait été annulé en 2020, puis en 2021, pour cause de troubles pandémiques et politiques.

À l'origine, la grand-messe des francophones devait avoir lieu dans la capitale de Tunis, mais elle a finalement été relocalisée sur l'île de Djerba, une station balnéaire au sud-est de la Tunisie prisée des retraités français.

L'an dernier, le président tunisien Kaïs Saïed s'est arrogé de vastes pouvoirs et octroyé le droit de gouverner par décrets. Le professeur Boily n'hésite pas à qualifier cette situation «d'autoritarisme».  

Or, «le Canada ne pouvait pas faire reporter ce sommet, malgré tout ce qui se passe en Tunisie», a-t-il soutenu en entrevue. 

«C'est d'essayer plutôt d'influencer ça de l'intérieur.»

Le député Haroun Bouazzi, de Québec solidaire, est lui-même tunisien d'origine. Il déplore «des dérives autoritaires qui commencent à ressembler beaucoup à une sortie du processus démocratique entamé en 2011».

«On sait qu’il y a des manifestations en ce moment dans les quartiers pauvres en Tunisie, a-t-il affirmé en entrevue. On sait qu’il commence à y avoir des arrestations arbitraires.»

«On pense que le premier ministre du Québec, François Legault, devrait rappeler au président Kaïs Saïed […] les obligations qu’il a envers le pacte international relatif aux droits civils et politiques.» 

Le Québec est un membre à part entière de l'OIF, comme la France et la Suisse, par exemple.

La porte-parole libérale en matière de relations internationales, Michelle Setlakwe, dit également s'attendre à ce que le Québec, «l'un des principaux bailleurs de fonds de l'OIF», joue un rôle «de premier plan».

Mais Joël Arseneau, du Parti québécois, ne se berce pas d'illusions: il souligne que le Québec a été «plutôt effacé» au cours des quatre dernières années.

«On ne peut pas dire que le Québec sous la direction Legault se distingue sur le plan international ou fait preuve d’une quelconque autonomie en ce qui concerne ses relations internationales», déplore-t-il. 

«Au contraire, il semble avoir fait le pari que ses délégations à l’international et son rôle via le ministère, c’est essentiellement d’être un bureau de développement économique pour le Québec», a-t-il ajouté.

Legault veut parler d'économie
Lors d'une séance d'information technique, l'équipe de M. Legault a indiqué qu'il se rendait à Djerba pour parler essentiellement d'économie.

Le premier ministre québécois devrait livrer un discours dimanche au forum économique francophone. Il voudra également aborder les questions de main-d'œuvre et d'immigration, nous dit-on. 

Son entourage a par ailleurs lancé «plusieurs perches» à d'autres dirigeants, afin d'organiser des rencontres bilatérales, mais aucune de ces rencontres n'a encore été confirmée.

On peut toutefois s'attendre à ce que M. Legault s'assoie quelques minutes avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Une rencontre de travail plus formelle est prévue d'ici la fin de l'année. 

Avec ses 88 États et gouvernements membres et observateurs, l'OIF est la deuxième organisation la plus importante au monde après les Nations unies. Elle célèbre son 50e anniversaire.

Cette organisation est la seule où le Québec est considéré comme un membre à part entière. La province du Nouveau-Brunswick a aussi ce statut parce qu'elle est officiellement bilingue. L'Ontario est membre observateur.

Cette année, la secrétaire générale de l'OIF, Louise Mushikiwabo, sera la seule candidate à sa propre succession, selon des médias français.

Caroline Plante, La Presse Canadienne

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