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Question fédérale

Déclin du français : Ottawa rabroué par le commissaire aux langues officielles

durée 09h30
26 août 2022
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2 minutes

Par La Presse Canadienne

C’est au gouvernement fédéral d’assumer la responsabilité du déclin du français au pays, a estimé jeudi le commissaire aux langues officielles, ce que venait de refuser sec quelques minutes plus tôt dans la même pièce la ministre des Langues officielles.

«C’est le fédéral qui est responsable de l’immigration, a tranché le commissaire Raymond Théberge lors d’une mêlée de presse. C’est une compétence partagée, mais c’est le gouvernement fédéral qui établit les cibles. Depuis 2003, on s’est donné une cible, on ne l’a jamais atteinte, donc ça veut dire qu’on n’a pas mis en place les programmes nécessaires pour atteindre cette cible.»

M. Théberge, qui refuse d’être «alarmiste», plaide pour qu’Ottawa se donne les moyens pour tenter de renverser la vapeur. Selon lui, le gouvernement fédéral doit miser sur l’accroissement de l’immigration francophone.

La démographie, c’est «comme un glacier qui tout d’un coup apparaît», a−t−il illustré. Et les données du recensement résultent des décisions prises depuis deux décennies.

La ministre Ginette Petitpas Taylor venait de prononcer un discours pour conclure sa tournée de consultations pancanadiennes visant à préparer le prochain Plan d’action sur les langues officielles.

L’immigration francophone et «réparer» le poids démographique, «c’est une priorité absolue», a−t−elle insisté devant un parterre de centaines de représentants d’organismes de la francophonie canadienne rassemblés à Ottawa pour l’occasion.

Et de manière générale, en matière de langues officielles, «il faut en faire plus et on ne peut plus attendre», a−t−elle résumé.

Le gouvernement Trudeau, au cours de ses sept dernières années au pouvoir, reconnaît−il qu’il n’en a pas fait suffisamment pour freiner le déclin du français au Canada, lui a demandé un journaliste.

«Le gouvernement fédéral prend ses responsabilités pour s’assurer qu’on adresse la situation qui est troublante», a−t−elle répondu sans manquer de vanter son «ambitieux» projet de loi C−13 visant à moderniser la loi sur les langues officielles et son futur Plan d’action «avec des éléments concrets pour adresser cette situation».

Le projet de loi C−13 mentionne qu’Ottawa adoptera une politique en matière d’immigration francophone visant à favoriser l’épanouissement de cette minorité linguistique au Canada.

En plus d’inclure «des objectifs, des cibles et des indicateurs», cette politique devra affirmer que le gouvernement fédéral reconnaît que «l’immigration est l’un des facteurs qui contribuent au maintien ou à l’accroissement du poids démographique» des minorités francophones du pays.

Or, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a reproché au gouvernement Trudeau dans un mémoire de ne pas prévoir un mécanisme de «rétablissement» si les cibles ne sont pas atteintes, de sorte qu’il y ait un rattrapage.

Des données du recensement publiées la semaine dernière par Statistique Canada révélaient que le français poursuit son déclin au Québec et dans le reste du pays. Le pourcentage de Québécois parlant principalement cette langue à la maison est passé de 79 % à 77,5 % entre 2016 et 2021.

Michel Saba, La Presse Canadienne

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