Conclusion de Guylaine Leclerc
État des finances publiques: un climat d'«incertitude très élevée», selon la VG
Les finances publiques du Québec sont en ordre, en cette fin de mandat, mais rien n'est acquis pour les années à venir, en raison de l'incertitude économique ambiante. L'incertitude est très élevée, selon le Vérificateur général.
Les prévisions budgétaires préparées par le gouvernement Legault sont «plausibles», mais l'impact du «climat d'incertitude» économique sur la bonne santé des finances publiques du Québec demeure «inhabituellement élevé».
C'est la conclusion à laquelle en arrive la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, après avoir examiné les prévisions budgétaires pour 2022-2023 et 2024-2025 faites par le ministre des Finances, Eric Girard, à la veille de la prochaine campagne électorale.
Son rapport, rendu public lundi, à l'Assemblée nationale, est nuancé: il mêle les signaux d'approbation quant aux méthodes comptables du ministre et à ses prévisions, dans l'ensemble, tout en l'invitant à faire preuve de prudence en ce qui a trait aux imprévus.
La flambée de l'inflation, voire une récession, la guerre en Ukraine et une éventuelle nouvelle vague de pandémie de COVID-19 pourraient brouiller les cartes et avoir un effet sur l'état des finances publiques dans les années à venir, rappelle la vérificatrice dans son rapport détaillé. La rareté de la main-d'oeuvre pourrait également freiner les projets de dépenses et d'investissement du gouvernement.
Elle aurait apprécié que Québec prépare «un scénario alternatif».
Les prévisions formulées par M. Girard en termes de revenus anticipés, de dépenses et de l'état de la dette sont «cohérentes» et tiennent compte des différents paramètres comptables (prévisions économiques, mesures budgétaires, statistiques fiscales, lois en vigueur, etc.), conclut la vérificatrice, qui était chargée d'évaluer le rapport que devait produire le ministre Girard au terme du présent mandat. En gros, elle estime donc qu'il a fait ses devoirs, selon les règles en vigueur.
Elle note par ailleurs qu'une hausse continue de l'inflation pourrait avoir un impact positif temporaire sur les revenus dans les coffres de l'État et ainsi contribuer à diminuer le déficit.
Le ministre des Finances a inscrit des marges de prudence de 2,4 milliards $ pour 2022-2023 et de 2,25 milliards $ l'année suivante, un coussin d'une hauteur «pertinente», a jugé Mme Leclerc, sans pouvoir dire si cela était vraiment suffisant, compte tenu du climat d'incertitude ambiant. Québec a mis de côté 2 milliards $ pour contrer la COVID-19 en 2022-2023.
Jocelyne Richer, La Presse Canadienne
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