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Référendum d'hier dans l'État voisin

Le Maine dit non à une ligne de transmission d'Hydro-Québec: Legault reste confiant

Le Maine dit non à une ligne de transmission d'Hydro-Québec: Legault reste confiant
Photo: La Presse Canadienne
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Les électeurs du Maine viennent de dire non au passage d’une ligne de transmission électrique d’Hydro−Québec, mais François Legault est néanmoins confiant que le contrat d’exportation d’électricité de 10 milliards $ au Massachusetts va se réaliser.

Le premier ministre a commenté les résultats du référendum tenu mardi au Maine, un revers cinglant pour Hydro−Québec et le plan du gouvernement caquiste de faire du Québec la «batterie de l’Amérique du Nord».

« Il n’y a jamais rien de certain dans la vie, mais je suis confiant que ça va se faire », a dit M. Legault en conférence de presse à Édimbourg en marge de la Conférence des Nations unies (ONU) sur les changements climatiques.

« On savait que le référendum allait être serré, on avait un plan B » , a−t−il commenté en ajoutant que le gouverneur du Massachusetts est déterminé à ce que l’entente soit mise en œuvre.

« Il y a différents scénarios, pour l’instant je ne peux donner plus de détails. Il y a différents chemins qu’on peut prendre pour se rendre au Massachusetts. »

Il a rappelé en outre que le gouvernement fédéral américain appuie le projet et que le projet a obtenu « tous les permis ».

La promesse de réduire les gaz à effet de serre de 3 millions de tonnes métriques, l’équivalent d’enlever 700 000 voitures de la route, n’a pas convaincu les électeurs du Maine. Au terme du vote tenu mardi, les citoyens du Maine ont dit non à 60 % au projet de ligne d’alimentation d’Hydro−Québec, selon ce que rapportent des médias américains. Le contrat est censé rapporter 10 milliards $ sur 20 ans.

Le projet avait suscité une polarisation sans précédent dans la vie politique du Maine pour un enjeu environnemental. Les différents lobbys ont dépensé un total de 94 millions $ US pour influencer les électeurs, selon des documents déposés auprès du commissaire à l’éthique du Maine. Il s’agit d’un montant record pour un référendum dans l’État.

Du côté des promoteurs du projet, on accuse des concurrents d’avoir attisé les craintes des citoyens en finançant l’opposition. Plus important contributeur financier de l’opposition au projet, NextEra a dépensé plus de 20 millions $ US dans la campagne. La ligne d’Hydro−Québec aurait concurrencé sa centrale nucléaire au New Hampshire, avec une électricité moins coûteuse. Les opposants regroupaient également des citoyens vivant dans les municipalités situées près du tracé et des groupes environnementaux inquiets de l’impact du projet sur la forêt de Northwoods.

Toujours sur le front de la vente d’électricité, François Legault a d’ailleurs rencontré très brièvement l’ancien secrétaire d’État américain John Kerry en début d’après−midi à Glasgow à la COP. Selon ce qui a été rapporté, il a fait valoir à M. Kerry que le Québec venait de signer un important contrat d’approvisionnement en électricité avec New York.

Des recours légaux
Pour le moment, Hydro−Québec privilégie la voie juridique pour permettre la continuation du projet. « Nous allons entreprendre des recours légaux », confirme Lynn St−Laurent, porte−parole d’Hydro−Québec.

Il faut dire que les travaux ont déjà commencé depuis l’hiver dernier. Central Power Maine (CMP), le partenaire d’Hydro−Québec qui construit la ligne au Maine, a déjà dépensé plus de 350 millions $ US dans ce projet de 1 milliard $ US. 

Le groupe Clean Energy Matters, un groupe largement financé par CMP, affirme que le référendum est inconstitutionnel.  «Avec plus de 400 emplois en jeu au Maine et notre capacité à atteindre nos objectifs climatiques, la bataille va continuer», réagit Jon Breed, directeur du Clean Energy Matters.

Comme les travaux ont déjà commencé tandis que CMP avait les permis requis, elle pourrait faire valoir en cours qu’elle détenait un droit acquis, estime Anthony Moffa, professeur en droit environnemental de l’University of Maine School of Law à Portland. « Je ne peux pas prédire si le tribunal acceptera cette interprétation ou non », dit−il en entrevue.

La gouverneure démocrate Janet Mills, en faveur du projet, ne pourra toutefois pas s’opposer aux résultats. Le veto ne peut pas être employé contre une loi votée par les citoyens par voie de référendum, explique M. Moffa.

À moins que les tribunaux interviennent, le texte du référendum deviendrait une loi en vigueur d’ici 30 jours, ajoute l’expert en droit environnemental.

Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

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