Publicité

6 mai 2020 - 08:00

"La ministre McCann doit passer de la parole aux actes"

L'omerta est omniprésente dans le réseau de la santé et des services sociaux, selon l'APTS

Par Salle des nouvelles

C'est « sans surprise » que les représentants de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) de Lanaudière ont entendu la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, affirmer qu’elle mettait fin, « encore une fois », à l’omerta qui sévit dans le réseau de la santé et des services sociaux (RSSS).

Il s’agit de la troisième fois en six mois que la ministre, ou une personne de son entourage, décrète la fin de l’omerta qui gangrène le RSSS. Il semble pourtant que certain·e·s gestionnaires d’établissements se montrent récalcitrant·e·s. Les exécutifs de l’APTS Lanaudière (CISSS Lanaudière, Laboratoire Lanaudière et CHSLD de la Côte Boisée) s’inquiètent des sanctions que pourrait subir ses membres pour avoir manqué au fameux « devoir de loyauté » après avoir dénoncé publiquement une situation inacceptable dans un établissement de santé.

S'assurer de l'absence de représailles

« La crise de la COVID-19 a mis en évidence le fossé qui sépare les directives données par la ministre de leur application par les gestionnaires du réseau, souligne Steve Garceau, représentant national de l’APTS. En plus de lutter contre la COVID-19, le personnel professionnel et technique doit aussi se battre, par le biais de ses représentant·e·s syndicaux·ales, pour que ces directives soient appliquées. Nous accueillons très positivement cette volonté de Mme McCann, comme toujours, mais nous nous demandons comment elle pourra s’assurer qu’il n’y aura aucunes représailles contre les salarié·e·s qui mettront en lumière les situations problématiques qui ont cours dans nos établissements ».

« Notre devoir de loyauté doit aller à la population, d’abord et avant tout, ajoute-t-il. L’omerta doit disparaître. Des gestionnaires tentent de se protéger en muselant les salarié·e·s, et c’est la population qui en paiera le prix au bout du compte. La ministre McCann doit mettre en place des mesures de protection efficaces pour éviter que les personnes qui auront osé dénoncer des situations inacceptables n’en subissent des conséquences et mettent en jeu leur carrière », a ajouté Steve Garceau.

La nécessité d’un syndicat local en contexte d’omerta

La meilleure protection dont peuvent se prévaloir les professionnel·le·s et les technicien·ne·s de l’APTS Lanaudière souhaitant mettre en lumière des bris de services dans le réseau, des décisions injustifiées de leur employeur ou encore d’autres situations problématiques aux conséquences graves pour les services à la population, est de se tourner vers leur exécutif syndical local.

« Sortir dans les médias, c’est le dernier recours que nous avons en tant que syndicat pour faire réagir les employeurs du réseau et corriger l’injustifiable. On donne une voix à nos membres qui vivent dans la crainte
de perdre leur emploi. Et lorsqu’ils et elles prennent la parole pour dénoncer haut et fort ce que l’employeur veut cacher, nous sommes là pour les défendre
», a conclu Steve Garceau

Publicité

Commentez cet article

Un ou plusieurs champs sont manquants ou invalides:





Le Journal de Joliette se réserve le droit de ne pas publier ou de retirer les propos diffamatoires, obscènes, ainsi que les commentaires discriminatoires, tout comme ceux incitant à la haine ou la violence. De plus, l'écriture phonétique et les messages écrits en lettres majuscules ne seront pas acceptés.

Vous souhaitez commenter cet article ? Faites-le de façon intelligente. Quoique certains internautes se croient à l’abri en publiant des commentaires et en nous donnant de faux courriels, il est très facile de les retracer. En cas de plainte pour diffamation ou menaces, Le Journal de Joliette collaborera avec les autorités en leur remettant les informations desdites personnes.