Sa mère au frigo : Bilodeau pourrait écoper de 18 mois
Par Guy Latour
C'est une sentence de 18 mois de détention ferme qu'a réclamé, le 10 décembre dernier, le procureur de la poursuite, Me Marc-André Ledoux, dans le dossier de Laurent Bilodeau.
L'accusé âgé de 48 ans et résident de Chertsey a plaidé coupable, en mars dernier d'avoir négligé d'accomplir un devoir imposé par la loi au sujet de l'inhumation du cadavre de sa mère, Huguette Bilodeau-Gravel. Une accusation d'outrage à un cadavre a été abandonnée par le ministère public.
Lors des représentations sur sentence, devant le juge Maurice Parent, Me Ledoux a souligné que l'accusé avait attendu trois jours avant d'appeler les policiers et les ambulanciers, alors que la dame était déjà décédée. Lorsque la SQ s'est présentée sur les lieux, le 5 juin 2009, elle a retrouvé le corps de Mme Bilodeau-Gravel dans le congélateur.
Le procureur de la couronne a souligné que le rapport présentenciel et l'évaluation psychiatrique étaient peu favorables envers M. Bilodeau.
Il ajoute que l'accusé a fait preuve d'un profond mépris envers la victime après sa mort. Selon la poursuite, il a préféré faire des démarches pour trouver un endroit pour ses chiens plutôt que d'appeler les autorités concernées pour venir chercher le corps de sa mère. Le rapport ajoute qu'il y a un risque de récidive si M. Bilodeau est confronté à certaines situations problématiques.
Me Ledoux estime que le tribunal devrait condamné l'accusé à une peine de 18 mois de prison ferme avec une probation de trois ans.
Sursis
Le procureur de l'accusé, Me Robert Loiseau, s'est dit en désaccord avec la suggestion de la poursuite.
Il souligne que son client n'a aucun antécédent judiciaire et il a bien collaboré avec le personnel médical de l'Institut Philippe-Pinel pour l'évaluation psychiatrique. De plus, M. Bilodeau a été détenu préventivement durant un mois à la suite de son arrestation.
Pour la défense, si la cour devait en venir à la conclusion qu'une peine de prison s'imposait, celle-ci devrait être purgée dans la collectivité. Une sentence suspendue pourrait aussi satisfaire les fins de la justice, selon Me Loiseau.
Ce n'est pas avant le 17 février prochain que le juge Maurice Parent fera connaître sa décision, puisqu'il s'est donné quelques semaines de réflexion.
Déception
La famille de la victime a bien hâte de tourner la page de cette triste affaire. Ce nouveau report de la sentence déçoit le gendre d'Huguette Bilodeau-Gravel.
«Ma conjointe (la fille de la victime) vit difficilement son deuil. Elle a encore aujourd'hui de la difficulté à dormir et à fonctionner normalement», soulignait Robert Rougeau, à la sortie de la salle d'audience.
