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INVESTISSEMENT DE KRUGER À MEMPHIS

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29 août 2011
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Par Communiqué

L'incompréhension totale règne pour plusieurs intervenants du milieu face à l'annonce d'un financement de 211 millions de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour soutenir Kruger dans son implantation à Memphis, Tennessee. Cet investissement de la société d'État survient dans un contexte particulier. En effet, il était de notoriété publique que les installations actuelles de l'usine de Crabtree dans la MRC de Joliette étaient en concurrence avec Memphis pour accueillir le projet de Kruger. En lien avec cette réalité, plusieurs acteurs collaboraient, dont notamment Investissement Québec, pour attirer cet important investissement.

Au Centre local de développement Joliette où l'on suivait l'évolution du projet d'investissement de Kruger de très près depuis déjà plusieurs mois, on s'explique assez mal la vision de la CDPQ dans ce dossier. Pour monsieur Olivier Goyet, directeur général du CLD Joliette, la situation apparaît contre-productive. « Que la Caisse de dépôt et placement soutienne financièrement une société québécoise dans une phase d'expansion m'apparaît légitime. Ceci étant dit, pas dans n'importe quel contexte. Dans ce cas spécifique, la volonté de la Caisse a envoyé un signal positif à Kruger d'aller de l'avant avec son projet à Memphis. Ils auraient dû faire preuve de plus de vision et anticiper que cela affecterait les chances de l'usine de Crabtree et le ressac que cela créerait dans le milieu. C'est souvent une question d'image et dans le présent cas ce n'est assurément pas le bon message. La Caisse aurait dû faire partie des alliés. »

Madame Véronique Hivon, députée de Joliette à l'Assemblée nationale, va encore plus loin. « Après le déménagement d'Electrolux de l'Assomption vers Memphis et la fermeture de Gadoua à Saint-Thomas, le gouvernement, les ministres Clément Gignac et Michelle Courchesne en tête, ont promis des efforts importants pour développer des emplois dans Lanaudière. Non seulement n'y a-t-il aucun signe d'effort réel, mais on constate que le bas de laine des Québécois va servir à créer et consolider des emplois à Memphis plutôt qu'à Crabtree. Nous attendons donc assurément des explications des dirigeants de la Caisse au sujet d'une décision inacceptable, mais aussi du gouvernement quant aux promesses faites. Comment les ministres concernés justifient-ils que la Caisse de dépôt défasse d'un côté ce qu'Investissement Québec tentait de bâtir de l'autre, d'autant plus qu'ils nous disaient veiller au grain pour la création d'emplois dans Lanaudière ? Il s'agit d'une incohérence totale dans un contexte où plus que jamais, tous les acteurs doivent travailler dans le même sens.»

De son côté, monsieur Daniel Tessier, président du Conseil central de Lanaudière (CSN), représentant les travailleurs de l'usine, se dit très interpellé par la situation. « Les travailleurs de l'usine possèdent une rare expertise dans la fabrication de ce type de papier. On espérait, bien entendu, que cela nous avantagerait. Nous n'avions cependant pas prévu que la CDPQ cautionnerait un projet à Memphis pour lequel nous étions en concurrence! Après tout, on parle de l'avoir des travailleurs québécois. Au-delà de la logique financière, il y a les travailleurs d'ici. »

Pour sa part, monsieur Denis Laporte, maire de Crabtree, trouve la situation tout simplement absurde. « On aura beau nous dire que le mandat de la CDPQ est de faire fructifier notre bas de laine pour que les Québécois aient une bonne rente à leur retraite, il n'en demeure pas moins qu'avec cette aide, on a permis à une entreprise d'investir à Memphis plutôt que chez nous. Les travailleurs de la Kruger à Crabtree doivent aujourd'hui continuer à garder la tête haute et travailler pour la pérennité de cette papetière bien de chez nous ».

Même si le projet ne compromet en rien les emplois et la production actuelle de l'usine de Crabtree, le projet d'investissement de Kruger représentait une opportunité en termes de consolidation et de création d'emplois au bénéfice du tissu économique local et régional. Un possible baume suite à la fermeture de l'usine Gadoua de Saint-Thomas et au transfert en cours de l'usine Electrolux de l'Assomption à Memphis qui rappelons-le, entraînera la perte de 1 300 emplois pour Lanaudière. Dans tous les cas, pour les acteurs du milieu, la question demeure : qu'elles sont réellement les stratégies du gouvernement en matière d'attraction d'investissement?

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